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La thèse du racisme québécois invalidée
La faible religiosité distingue la province

Le faible sentiment religieux explique mieux que le racisme pourquoi les Québécois s’opposent davantage aux accommodements raisonnables que le reste des Canadiens, conclut une nouvelle étude qui « invite à la nuance ».

Le professeur de sciences politiques André Blais, dans son bureau de l’Université de Montréal, est spécialiste du comportement électoral et de l’opinion publique.

 
 

Ayant grandi en Ontario, Anja Kilibarda, 27 ans, a longtemps cru à cette idée répandue que les Québécois étaient racistes et que cela expliquait qu’ils soient nombreux à être contre les accommodements religieux.

Puis, en étudiant à Montréal en 2013 et en découvrant l’histoire du Québec, elle a commencé à douter. 

Et si la réalité était plus complexe? 

Elle a donc consacré son mémoire de maîtrise à la question.

Ses travaux et ceux de ses collègues ont mené à la publication d’une étude diffusée par l’Université de Montréal mardi le 26 février 2019.

Anja Kilibarda
Doctorante, Université Colombia de Toronto

Moins religieux

L’opposition aux accommodements religieux est environ trois fois plus élevée au Québec qu’ailleurs au Canada, constatent les auteurs, qui ont analysé les données de trois enquêtes.

Or, le sentiment religieux des Québécois a « remarquablement » chuté au cours des 50 dernières années, alors qu’il est plutôt demeuré stable dans le reste du Canada, explique André Blais, professeur de sciences politiques à l’Université de Montréal.

«On est passé d’un des peuples les plus religieux du monde à un des moins religieux. C’est une histoire très particulière», abonde Yannick Dufresne, professeur adjoint à l’Université Laval et premier auteur de l’étude.

Plus les gens disaient accorder de l’importance à la religion dans leur vie, plus ils étaient en faveur des accommodements.

Préférence pour les Blancs?

Les données révèlent que les Québécois ont une attitude semblable à celle des autres Canadiens envers les groupes raciaux, comme les Noirs et les Autochtones. Ils ont toutefois une attitude plus négative vis-à-vis des minorités religieuses, c’est-à-dire musulmans, juifs et sikhs.

Les auteurs ont aussi remarqué que les Québécois qui avaient une préférence raciale pour les Blancs n'avaient pas plus tendance à avoir une attitude négative envers les groupes religieux.

L'hypothèse du racisme ne tient donc pas la route, conclut M. Dufresne. Ces résultats viennent nuancer les discours simplistes qu’il entendait à l’époque où il étudiait à Toronto.

C’est le faible sentiment religieux qui distingue les Québécois du reste du pays, et non le racisme, conclut André Blais.

Alors pourquoi le gouvernement Legault tient-il à garder le crucifix à l’Assemblée nationale du Québec«C’est une contradiction, admet M. Blais. Mais je crois que s’il décidait de l’enlever, le coût électoral serait faible.»

Reste que les auteurs ne nient pas qu’il y ait du racisme au Québec. Surtout après la publication d’histoires comme celle du joueur de hockey Jonathan Diaby qui a été victime d’insultes, illustre M. Blais.

 

Le crucifix à l'Assemblée nationale n'a rien de patrimonial.  Il est en place pour la première fois à l'ouverture de la session parlementaire du 7 octobre 1936, c'est un geste politique de Maurice Le Noblet Duplessis premier ministre du Québec. L'objectif était d'affirmer que le Québec était catholique et conservateur.  À part les curés catholiques peu de gens y retrouveraient à dire de le déplacer dans une église où il trônerait en son juste lieu. Ici pour une analyse approfondie de la symbolique religieuse au parlement du Québec

 

Le racisme est une théorie

 

Celle d’affirmer qu’il existerait des races humaines qui présenteraient des différences biologiques justifiant des rapports de domination entre elles et des comportements de rejet ou d'agression.

Le racisme est le fait de croire en la supériorité d'un groupe humain. Défini comme une race, ce groupe serait supérieur à tous les autres. C’est la haine d'un de ces groupes humains.

Dans le langage courant, le terme "racisme" se rapporte le plus souvent à la xénophobie qui en est la manifestation la plus évidente.

D'où vient le racisme?

Depuis toujours, la notion de racisme existe : ce n'est pas une idée nouvelle. Cependant le mot racisme est entré dans le dictionnaire Petit Larousse en 1930.

En effet, les Égyptiens s'opposaient à ceux qui ne parlaient pas leur langue. (Par exemple en 2019: canadiens anglais face aux francophones et aux autochtones ou amérindiens, les ukrainiens non russophones, états-uniens anglophones face aux hispanophones, etc.)

Les Romains, eux, se sentaient supérieurs à leurs voisins car leur unique but était d'envahir leurs territoires.  (Par exemple en 2019, les japonais envers les chinois, les états-uniens impliqués dans 90 guerres larvées ou ouvertes:  comme en Irak, Afghanistan, Venezuela, Syrie, Cuba, etc. ou renversement de gouvernement)

Quant aux Chinois de cette époque, ils se sont interrogés sur le degré d'intelligence des navigateurs qui atteignaient leurs territoires, et commencèrent à "comparer" les peuples entre eux.

Au 16e siècle, les Espagnols ont instauré le racisme colonial.  Ils comparaient les autochtones à des animaux, car ceux-ci ne portaient pas d'habits, soulevaient de lourdes charges, peignaient leur corps, et ne parlaient pas la même langue que la leur.  Ensuite, les Portugais, les Hollandais, les Français suivirent l'exemple espagnol et finalement l'Angleterre emboita le pas: Ils les obligèrent à les servir, tout en les maltraitant.

Le racisme est une idéologie prônant que les humains peuvent être divisés selon différents groupes raciaux avec diverses caractéristiques héritées et immuables.

Le racisme estime que ces différences expliquent les inégalités dans les sociétés.

Début du racisme

Alors que la xénophobie, la peur à l’égard de personnes considérées comme étrangères à nous-mêmes, a pendant longtemps constitué un élément des cultures humaines, le concept de « race » apparaît dans la langue anglaise vers le XVIIe (17ième) siècle.  Les Nord-Américains adoptent ce terme dans leurs écrits scientifiques vers la fin du XVIIIe (18ième) siècle.  Les scientifiques du XIXe (19ième) siècle entreprennent d’étudier le racisme.  À cette époque, l’idéologie du racisme permet d’expliquer les conflits politiques et économiques un peu partout sur la planète, et de légitimer la position dominante du capitalisme britannique dans le système économique mondial.

Le racisme est un phénomène universel, bien visible dans de nombreux groupes ethno raciaux.  La population blanche n’en a pas le monopole.

Vers le milieu du XIXe siècle, plusieurs racistes s’entendent sur le fait qu’on peut répartir la population du monde entre une variété de races constituées de groupes humains partageant des attributs phénotypiques similaires, tels que la couleur de la peau et la texture des cheveux.  Ce processus consistant à cataloguer les races, nommé « racialisation », est un préalable à l’émergence du racisme comme idéologie.

L’idéologie raciste repose sur trois suppositions erronées.

Premièrement, les différences biologiques vont de pair avec des différences culturelles.

Deuxièmement, la constitution biologique prédétermine les réalisations culturelles d’un groupe.

Troisièmement, la constitution biologique limite le niveau de développement culturel qu’un groupe peut atteindre.  Les recherches montrent le caractère erroné de ces suppositions, qui reposent en bonne partie sur la thèse insoutenable voulant que la nature (biologie) soit le seul agent causal.

Les nombreux faits qui démontrent l’existence de différences plus marquées à l’intérieur des groupes qu’entre eux et l’impact des facteurs sociaux sur les comportements ébranlent sérieusement les croyances racistes. Pour tout dire, si le terme « race » s’emploie dans le langage courant, surtout pour désigner les différentes couleurs de la peau, il n’est guère utile sur le plan biologique.

Note de JosPublic

Usurpation de mot: Depuis son apparition dans les dictionnaires, le mot race est utilisé à toutes les sauces de la discrimination. Si l'on peut être raciste envers un Israélien, on ne le peut pas envers une personne juive à moins de croire comme les Allemands nazis sous Hitler que le juif est une race!!! 

Par contre, on peut dire que les gens qui vivent en Israël sont majoritairement juifs et forment un peuple, bien que d'autres religions existent en Israël. Depuis 1949, le débat est constant quant à la religion juive et l'État.  Pour le moment, rien dans la constitution du pays n'indique qu'il y ait une religion d'État. C'est un des cas les plus difficiles à évaluer, car certains chercheurs ont même tenté de voir si la religion juive ne serait pas dans l'ADN de l'individu.

La religion n'est pas une race, mais un signe distinctif d'une personne qui peut changer de religion, mais pas de caractéristiques morphologiques. Si un catholique peut devenir bouddhiste il en va autrement d'une personne à la peau noire qui voudrait devenir blanc.  Il est évident qu'il y a de la discrimination et des préjugés envers les pratiques religieuses que l'on retrouve dans les institutions, dans les lois et règlements puisque ce sont des humains qui les votent ou les appliquent.  La discrimination et le préjugé sont tellement forts dans le cas de croyances religieuses qu'elles motivent des guerres de religion qui ne portent pas toujours leur nom. 

La discrimination religieuse se pratique dans la majorité des religions et certaines vont jusqu'à justifier le meurtre d'un apostat.

En 2019, les personnes plus discriminées sont les athées ou laïques. Voir ici le texte de Valérie Borde.

 

Source: Agence de presse QMI pour Québecor Inc.; R. Carter, "The Politics of Provenance: Genetics, Culture and identity," in Racism and Justice, S. Hier, D. Lett and B. Bolaria (eds.) (2009); A. Fleras, Unequal Relations (2010); Hier, S. and B. Bolaria (eds.). Race and Racism in 21st Century Canada (2007); Satzewich, V. and N. Liodakis, 'Race' and Ethnicity in Canada (2007); E. Kallen, Ethnicity and Human Rights in Canada (1995); R. Miles, Racism (1989); F.C. Henry, W. Mathis and T. Rees The Colour of Democracy (1995) et l'Encyclopédie Canadienne

Choix de photos, collection de textes, mise en page, références et titrage par : JosPublic
Mise à jour le 5 mars 2019

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