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Pourquoi certains musulmans canadiens ont-ils célébré
l’interdiction du hidjab dans la fonction publique au Québec

par Tarek Fatah
un musulman qui combat l'islam radical et politique

 

Dimanche soir, le 16 juin 2019, après une longue réunion, les législateurs québécois ont voté par 73 voix contre 35 pour adopter le projet de loi 21 du premier ministre François Legault qui interdit à certains fonctionnaires de porter des symboles religieux.

Le gouvernement de la Coalition Avenir Québec (CAQ) de Legault, qui avait également l’appui du Parti québécois (PQ) de l’opposition, a mis fin à une lutte de dix ans depuis que la Commission Bouchard-Taylor du Québec a recommandé que tous les fonctionnaires qui incarnent l’autorité et la neutralité de l’État ainsi que de ses institutions ne puissent porter aucun symbole religieux visible tels que le hijab, le turban, la kippa ou le crucifix.

Avant le vote historique du 16 juin 2019, quatre gouvernements québécois consécutifs avaient tenté de mettre en œuvre les recommandations de Bouchard-Taylor en tant que loi, mais ont échoué.

La nouvelle loi exige qu’une foule d’employés de l’État, y compris les policiers, les juges, les avocats du gouvernement, les gardiens de prison et les enseignants, ne portent pas de symboles religieux visibles tels que le hijab et la burqa musulmans, les turbans sikhs, les kippas juives et les croix chrétiennes. (à droite, photo prise lors du débat à l'Assemblée nationale)

Le fait est que si le turban sikh, les kippas juives et le crucifix catholique sont définitivement des symboles religieux, le hijab musulman n’est pas une exigence islamique.  La vérité, c’est que le hijab est un symbole politique qui, jusqu’à la fin des années 1970, était inconnu au Pakistan, en Inde, en Indonésie, au Bangladesh, en Turquie, en Somalie et au Nigeria.

Selon une éminente représentante du hijab — une héroïne pour de nombreuses hijabis québécoises et canadiennes et pour les hommes islamistes qui s’efforcent de les manipuler — la nouvelle membre élue à la Chambre des représentants des États-Unis, la hijabi Ilhan Omar, originaire de Somalie, « le hijab signifie pouvoir, libération, beauté et résistance ».

Même si les médias anglais donnent de l’espace presque exclusivement aux islamistes qui appuient la charia, de nombreux dirigeants et militants musulmans au Québec ont appuyé la nouvelle loi.

Djemila Benhabib

Fatima Houda-Pepin

L’activiste musulman Ferid Chikhi, réagissant au hijab québécois, a écrit : « Que cela nous plaise ou non, ce qui est le plus troublant au Québec, c’est ce que j’appelle l’entrisme malin des islamistes qui veulent à tout prix imposer leur idéologie à la société hôte en refusant de respecter ses lois ».

Lui et 23 autres musulmans du Québec, dont la politicologue Djemila Benhabib, non seulement appuient le nouveau projet de loi de la CAQ sur la laïcité au Québec, mais ils condamnent la « banalisation du voile des femmes et des filles » par la première ministre de la Nouvelle-Zélande, Jacinda Arderm.

La plus éminente politicienne musulmane de la province, Fatima Houda-Pepin, d’origine marocaine, une ancienne vice-présidente de l’Assemblée nationale du Québec, a été à l’avant-garde de la lutte contre le hijab et la burqa pendant près de dix ans.

Dès 2013, elle a réprimandé son collègue du Parti libéral de l’époque, Marc Tanguay, qui a dit qu’il accueillerait volontiers les candidates libérales portant le tchador (hijab iranien) et qu’il serait heureux de siéger avec elles à l’Assemblée législative.

Houda-Pepin a répondu : « Je refuse toute dérive vers le relativisme culturel sous couvert de religion, pour légitimer un symbole comme le tchador qui est l’expression ultime de l’oppression des femmes, en plus d’être le symbole du fondamentalisme [islamique] radical.  

Dans une lettre à la Presse canadienne, Fatima Houda-Pepin écrivait alors qu’elle était “sidérée”, “blessée” et “choquée” par les commentaires de ses collègues appuyant le hidjab, se demandant si les vues de son Parti libéral sur l’égalité entre hommes et femmes étaient calquées sur celles de pays comme l’Arabie saoudite ou l’Iran.

Pour les musulmans victimes de l’islamisme et de leurs porte-drapeaux, le Québec est devenu le premier gouvernement de l’Ouest à résister au chantage islamiste.  Sa nouvelle loi est un message à ceux qui cherchent à détruire la civilisation occidentale : “Ça suffit : Le riyal s’arrête ici.” (devise de l’Arabie saoudite).

Merci Québec. Vive le Québec!

Source:  Ce site offre la traduction française des chroniques que l’écrivain et militant démocrate et anti-islamiste Tarek Fatah publie chaque semaine dans le journal The Toronto Sun. Le travail de traduction et de diffusion à partir de ce site est une contribution bénévole de citoyens préoccupés par la propagation de l’islamisme au Québec et partout dans le monde, et qui croient que la voix du musulman démocrate et humaniste Tarek Fatah doit être davantage entendue.  Les notes et références et hyperliens sont de JosPublic.

Choix de photos, collection de textes, mise en page, références et titrage par : JosPublic
Mise à jour le 22 juin 2019

Ci-dessous: des textes en lien direct avec le sujet:

Les multiculturalistes et l'islam, même combat pour voiler les femmes

 Analyses opinions

 Religion, Laïcité & Spiritualité

Vers notes & Références encyclopédiques:

 
 

Notes & Références encyclopédiques:

le projet de loi 21 du premier ministre...
 

Simon Jolin-Barrette, ministre et  François Legault

Projet de loi no. 21
(2019, chapitre 12)
Loi sur la laïcité de l'État. Sanctionnée le 16 juin 2019.

Cette loi vise à affirmer la laïcité de l’État et à préciser les exigences qui en découlent.

À cette fin, la loi indique que la laïcité de l’État repose sur quatre principes, soit la séparation de l’État et des religions, la neutralité religieuse de l’État, l’égalité de tous les citoyens et citoyennes ainsi que la liberté de conscience et la liberté de religion.  Elle prévoit que les institutions parlementaires, gouvernementales et judiciaires sont tenues de respecter l’ensemble de ces principes dans le cadre de leur mission et que la laïcité de l’État exige que toute personne ait droit à des institutions et à des services publics laïques. Toutefois, à l’égard des juges de la Cour du Québec, du Tribunal des droits de la personne, du Tribunal des professions et des cours municipales ainsi que des juges de paix magistrats, elle confie au Conseil de la magistrature la responsabilité d’établir des règles traduisant les exigences de la laïcité de l’État et d’assurer leur mise en oeuvre.

La loi propose d’interdire le port d’un signe religieux à certaines personnes dans l’exercice de leurs fonctions. Toutefois, elle prévoit que cette interdiction ne s’applique pas à certaines personnes en poste au moment de la présentation du projet de loi, selon les conditions que la loi précise.

La loi prévoit qu’un membre du personnel d’un organisme doit exercer ses fonctions à visage découvert. Elle prévoit aussi qu’une personne qui se présente pour recevoir un service par un membre du personnel d’un organisme doit avoir le visage découvert lorsque cela est nécessaire pour permettre la vérification de son identité ou pour des motifs de sécurité. Elle prévoit que la personne qui ne respecte pas cette obligation ne peut recevoir le service. Elle précise que ces obligations ne s’appliquent pas à une personne dont le visage est  couvert en raison d’un motif de santé, d’un handicap ou des exigences propres à ses fonctions ou à l’exécution de certaines tâches.

Par ailleurs, la loi modifie la Charte des droits et libertés de la personne afin d’y inscrire que les libertés et droits fondamentaux doivent s’exercer dans le respect de la laïcité de l’État.

La loi prévoit que ses dispositions prévalent sur celles de toute loi postérieure, à moins d’une mention expresse à l’effet contraire.

Elle prévoit également qu’elle ne peut être interprétée comme ayant pour effet d’exiger d’une institution qu’elle retire ou modifie un immeuble ou un bien meuble qui orne un immeuble, ni comme ayant un effet sur la toponymie, sur la dénomination d’une institution ou sur une dénomination que celle-ci emploie. Par ailleurs, elle octroie à des ministres des pouvoirs leur permettant de vérifier l’application des mesures qu’elle prévoit.

La loi précise qu’elle a effet indépendamment de certaines dispositions de la Charte des droits et libertés de la personne et de la Loi constitutionnelle de 1982. Enfin, la loi prévoit des modifications de concordance et contient diverses dispositions interprétatives, transitoires et finales.

 

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institutions ne puissent porter aucun symbole religieux visible...
 

Voici une liste non exhaustive de symboles graphiques religieux ou métaphysiques.

 

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membre élue à la Chambre des représentants...
 

Ilhan Omar originaire de Somalie est membre élue à la Chambre des représentants des États-Unis

 

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