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Contexte historique
de la privatisation ou et de la nationalisation

1850-1913: La construction de l'État

Au XIXe siècle, l'objectif premier du tout nouvel État canadien est de bâtir un pays doté d'une identité distincte, à la fois de la Grande-Bretagne et des États-Unis-d'Amérique. La Constitution de 1867 établit politiquement cette nouvelle nation. Bâtir le pays, c'est créer un appareil judiciaire propre pour maintenir l'ordre public; c'est aussi accompagner l'essor de l'économie nationale dans un pays immense et peu peuplé. À cet effet, pour établir des liens entre l'est et l'ouest du pays, l'État s'implique massivement dans la mise en place des infrastructures de transport. Sous la pression des syndicats et de certains politiciens qui ont une vision sociale, l'État commencera à assumer des responsabilités, encore bien limitées, dans les domaines social et du travail. Mais dans l'ensemble, l'État intervient le moins possible, faisant reposer le dynamisme de l'économie sur l'entreprise privée. 

1914-1945: L'État en transition

Ici comme ailleurs dans le monde, les années 1914-1945 sont des années troublées: deux guerres mondiales et une crise économique obligeront les États occidentaux à intervenir davantage pour en atténuer les effets. Préoccupés de favoriser l'industrialisation et le développement des ressources naturelles, les gouvernements canadien et québécois interviennent pour favoriser les conditions de prospérité en protégeant les produits locaux de la concurrence étrangère, en concédant des terres aux entreprises forestières et minières et en poursuivant les travaux de construction de routes et de chemins de fer. La crise économique de 1929 montrera de façon éclatante l'incapacité des marchés à s'équilibrer d'eux même: les gouvernements prêteront assistance aux victimes de la crise sur une base ponctuelle, prévoyant se retirer une fois la situation rétablie. La Deuxième guerre mondiale viendra sortir l'économie de la crise; l'État s'y consolidera à la faveur de l'effort de guerre et prendra une place prépondérante dans l'économie. 
 

1946-1975: L'Implication active de l'État

La reconversion de l'économie de guerre en économie de paix suscitera des inquiétudes: on craint que le chômage des années '30 ne resurgisse suite à la démobilisation et à la fermeture des usines de guerre. C'est au cours de cette période que l'État prendra la forme qu'on lui connaît: politique soutenant l'économie, soutien à l'entreprise, assistance aux familles en périodes de faiblesse, personnes âgées, etc. , création de réseaux publics scolaires et socio-sanitaires, législation du travail, politique culturelles, etc. Au Québec, la question nationale sera le pivot de la création de l'appareil d'État: pour bâtir un Québec économiquement vigoureux, pour entrer dans la modernité, le Québec se donnera un appareil d'État étendu qui sera à la fois un outil de développement économique et social, un outil de promotion des Québécois-ses francophones, et un lieu d'émancipation nationale par rapport au Canada.

1976-1986: L'État en question

Depuis 1975, les gouvernements ont poursuivi leurs interventions tant aux niveaux économique, social, culturel qu'au plan des relations de travail. Cependant, la crise économique viendra ralentir le rythme des réformes: on consolide les acquis, on complète les réformes amorcées, sans plus. La crise économique a culminé en 1981-82, mais elle prend racine dès le début des années '70, au moment où l'inflation et le chômage ont commencé à progresser parallèlement, au contraire de ce qui s'était produit généralement jusque-là. La coexistence de chômage élevé et d'inflation élevée (stagflation) des années '70 et la hausse brutale du prix du pétrole ont marqué profondément la plus longue récession du XXe siècle après celles des années '30.

    Alors que la crise économique des années '30 a été à l'origine de l'intervention de l'État, celle des années '80 suscite une importante remise en cause du rôle de l'État.

La crise économique et surtout l'inefficacité relative des mesures prises par l'État pour y remédier ont donné des arguments à ceux et celles qui souhaitent que l'État se confine au maintien de l'ordre et à la défense. Ce discours qui reprend à son compte les principes du libéralisme économique du XIXe siècle est si souvent répété qu'on peut finir par y être sensible.

1987- aujourd'hui Démantèlement de l'État

En rédaction

L'État: Toujours nécessaire

Une des forces des néolibéraux et/ou néoconservateurs c'est qu'ils réussissent à donner l'impression qu'ils font des propositions nouvelles: parler de changements, n'est pas avoir dynamique, inventif ? En réalité, les nouveaux conservateurs, qu'ils soient de n'importe quel parti politique, nous servent de vieilles idées, assaisonnées au goût du jour. Et leurs propositions auraient pour effet non seulement de nous faire reculer soixante ans en arrière, mais aussi de détruire un système de solidarité sociale et d'acquis démocratiques dont la disparition serait néfaste et irréparable. Face aux orientations des gouvernements actuels, qui s'inspirent très largement et ouvertement des idées néoconservatrices, il importe que les citoyens et citoyennes réagissent vigoureusement.

    Les associations de citoyens et les syndicats ont, à toutes les époques et dans tous les pays où ils se sont développés, mis de l'avant des revendications s'adressant à l'État. On peut d'ailleurs établir un lien entre les associations de citoyens et citoyennes et l'État-régulateur, c'est dans les pays où les syndicats étaient les mieux organisés qu'ont émergé les premiers embryons d'états régulateurs. Le fait que les associations (aujourd'hui, souvent nommés ONG, pour Organismes non gouvernementaux)  et les syndicats aient demandé à l'État d'intervenir dans l'organisation sociale et économique n'implique pas cependant que ces groupes ont favorisé systématiquement l'interventionnisme étatique.

Nous dénonçons souvent, bien des interventions de l'État. Mais, au travers de l'ensemble des revendications et analyses, se dégage notre conception de l'État, laquelle va directement contre la conception néoconservatrice.