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Le laboratoire public qui aurait pu aider à lutter contre la pandémie de la COVID-19

Le Canada avait autrefois une entreprise pharmaceutique publique qui aurait pu faire une différence dans la crise actuelle du coronavirus - sauf que nous l'avons vendue.

Regard

 
 
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Connaught Labs était une superstar de la médecine mondiale.  Pendant sept décennies, cette entreprise publique canadienne a brillamment performé sur la scène nationale et internationale, contribuant à des percées médicales et développant des traitements et des vaccins abordables pour les maladies mortelles.

Détesté par ses concurrents, Connaught était unique parmi les sociétés pharmaceutiques en ce sens qu'il se concentrait sur les besoins humains, et non sur le profit.

Cela aurait été utile aujourd'hui.

En fait, Connaught a débuté au milieu d'une épidémie de diphtérie en 1913.  

Le médecin de Toronto, John Gerald FitzGerald, était scandalisé que les enfants meurent en grand nombre, même si un traitement contre la diphtérie était disponible auprès d'un fabricant états-unien.

Mais, à 25 $ la dose, c'était inaccessible à tous sauf aux riches.  FitzGerald a décidé de changer cela - et l'a fait.

Après avoir expérimenté sur un cheval dans une écurie du centre-ville de Toronto, FitzGerald a développé une antitoxine qui s'est avérée efficace dans le traitement de la diphtérie et l'a mise à la disposition des centres de santé publique à travers le pays.

Puis, avec l'espace de laboratoire fourni par l'Université de Toronto, lui et son équipe ont continué à produire des traitements et des vaccins à faible coût pour d'autres tueurs courants, y compris le tétanos, la typhoïde et la méningite.

 

 

Connaught a développé une capacité de recherche impressionnante, ses scientifiques contribuant à certaines des plus grandes percées médicales du 20e siècle - y compris la pénicilline et les vaccins contre la polio Salk et Sabin.  Il a également joué un rôle central dans l'éradication mondiale de la variole.

"Il a été un pionnier à bien des égards", explique Colleen Fuller, associée de recherche au Centre canadien de politiques alternatives (CCPA).   "Cela a fait des choses que les entreprises commerciales ne feraient pas parce qu'elles ne sont pas disposées à prendre des risques financiers."

Fuller soutient que si un Connaught public fonctionnait encore aujourd'hui, il pourrait contribuer au développement du vaccin contre le coronavirus - et assurer un approvisionnement canadien en cas de pénurie mondiale.

Pourtant, ce n'est malheureusement pas le cas

Succombant à la pression des entreprises et à la croyance erronée que le secteur privé fait toujours mieux, le gouvernement progressiste-conservateur de Brian Mulroney a privatisé Connaught Labs dans les années 1980. 

Aujourd'hui, ce qui reste de cette entreprise publique canadienne autrefois éblouissante a été repris par un géant pharmaceutique français.

Brian Mulroney

L' épidémie de coronavirus peut enfin aider à révéler la fausseté de la notion que le marché privé est intrinsèquement supérieur - ce qui a été le principe directeur dans les pays anglo-états-uniens (y compris le Canada) pendant les quatre dernières décennies, conduisant au dénigrement constant du gouvernement et ses fonctions.

Heureusement, le système de santé public du Canada, établi dans les années 1960, a été si populaire qu'il a survécu, malgré les attaques contre un système dit de «médecine socialisée» - bien que nos dirigeants politiques aient discrètement réduit le financement du système au cours des dernières décennies. 

Si la bêtise de couper le financement des soins de santé publics n'était pas déjà très claire, le coronavirus a saccagé l'idée à coups de marteau - en preuve les difficultés supplémentaires auxquelles les États-Uniens sont confrontés pour contenir le coronavirus avec son système privé de santé (dont le slogan est "Health for profit"-la Santé pour les profits) et son manque de soins de santé publics

Néanmoins, la volonté des politiciens et politiciennes de suivre le culte de la privatisation au cours des dernières décennies nous a rendus plus faibles et moins protégés que nous ne le pourrions.  Non seulement nous n'avons plus les laboratoires Connaught, mais le Canada dépense 1 milliard de dollars par an pour financer la recherche médicale de base dans les universités canadiennes, mais compte sur le marché privé pour produire, contrôler et tirer profit des innovations médicales qui en résultent.

L'entrée du siège social de Connaught et la murale de l'artiste austro-canadien Count Alex von Svoboda (né en 1929) a créé la mosaïque murale qui orne l'entrée du bâtiment 83 des laboratoires Connaught à Toronto, au Canada.

La fresque de 20 pi x 20 pi en tuiles smalti a été dévoilée en 1966 et a mis 341 heures de temps d’installation à une équipe de mosaïstes.

Pour faciliter l'assemblage et l'installation, la mosaïque a été réalisée selon la méthode "indirecte", les carreaux étant collés face vers le bas sur des feuilles de papier qui seront ensuite installées sur un mur pré-mortier (à son emplacement final), lorsque le mortier durcit le papier est retiré de la face de la mosaïque laissant la peinture murale terminée.

Lorsqu'on lui a demandé de décrire le design, Alex a déclaré que la fresque symbolisait "le progrès et la recherche de Connaught Labs (une entreprise de recherche médicale) et survivra au siècle prochain".

Par exemple, le travail crucial dans le développement d'un vaccin pour traiter l'Ebola a été effectué par des scientifiques canadiens au Laboratoire national de microbiologie de Winnipeg - et financé par l'argent des contribuables canadiens.  Mais les seuls droits de licence pour le vaccin ont été accordés à une petite entreprise états-unienne, qui l'a ensuite sous-licenciée au géant pharmaceutique Merck pour 50 millions de dollars.

Bien que Merck produise actuellement le vaccin, des critiques ont accusé la société dans le Journal of Law and Biosciences de n'avoir "pratiquement rien fait" pour assurer la production du vaccin lors de l'épidémie mortelle d'Ébola en Afrique de l'Ouest.

Avec une recrudescence des pandémies mondiales à venir, il serait peut-être temps de repenser l'attachement téméraire des élus.es canadiens à la notion «le secteur privé fait toujours mieux».

Toujours non prouvée, cette théorie semble de plus en plus farfelue.

Notes & Références encyclopédiques:

Connaught Labs était une superstar de la médecine mondiale...
 

Connaught Labs : Cette initiative de l’Université de Toronto, en mai 1914, peut être vue comme l’œuvre d’un professeur du département d’hygiène, le docteur John Gerald FitzGerald, très activement parrainée par les autorités universitaires.

Face aux taux de morbidité et mortalité alarmants affichés par la plupart des maladies infectieuses au début du siècle en Ontario (et notamment par la diphtérie), FitzGerald, soutenu par quelques respon sables de la santé publique et l’université, a fondé ces laboratoires dans le but, en premier lieu, de faciliter l’accès de la population aux produits prophylactiques et thérapeutiques existants (vaccins, sérums) dont certains n’étaient pas disponibles au Canada, et en se cond lieu, de trouver une solution aux coûts prohibitifs de ces substances sous contrôle états-uniens.

 

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L'épidémie du coronavirus...
 

 

Le Coronavirus - État de la situation au Québec et dans le monde . Dossier de présentation de la Pandémie Coronavirus 2019 de la maladie COVID-19 du virus SARS-CoV-2.

Situation en Chine, au Québec, aux États-Unis. Débat sur la qualité des statistiques et explications sur la nature de la maladie et ses effets. - Sur MétéoPolitique

 

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Bien que Marck produise actuellement le vaccin, des critiques ont accusé la société...
 

Médecins sans Frontières, un groupe humanitaire accuse l'Organisation Mondiale de la Santé de rationner le vaccin contre Ebola en République Démocratique du Congo.

Source: Le East African Journal et l’Agence France Presse financée par la République française, le Lundi 23 septembre 2019

 

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Une chercheure de "Connaught labs" de l'Université de Toronto (photo non datée)

Source: Linda McQuaig est journaliste et auteure de The Sport & Prey of Capitalists: How the Rich are Stealing Canada Public Wealth.  Cette chronique a été publiée à l'origine dans le Toronto Star pour Torstar Corporation.

Choix de photos, collection de textes, mise en page, références, titrage et traduction de l'anglais par : JosPublic
Mise à jour le 8 mai 2020

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