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Gouvernement du Québec: le scandale du bordel informatique
Privatisation informatique une fuite vers le désastre, la Coalition Avenir Québec doit reculer

La longue expérience humaine devient un brouillard paralysant pour ces gens pressés de réaliser leur vision de l'ordonnancement du monde.  Comme ils cherchent à le modeler selon leurs propres concepts, ils ne semblent pas comprendre que certains faits qui ne leur plaisaient pas, il y a quinze ou vingt ans, n'existent plus aujourd'hui ou alors que d'autres ont réglé le problème.  Ces bien-pensants arrivent en politique avec leurs solutions toutes faites, complètement déphasées et souvent hors contexte du temps. Voilà comment la décision de privatiser encore plus, risque de priver le gouvernement de marge de manœuvre et de confidentialité nécessaire à la bonne marche de l'État.   Ci-dessous plus détails sur la vision éditoriale de JosPublic  et un excellent texte de Michel Girard, chroniqueur économique.

 

 

 

 

 

 

 

 

 
 
 

La dilapidation du bien public

 
 

Bien avant mais surtout durant les années 1960, les politiciens ont constaté que le secteur privé de l'économie ne donnait pas des services de qualité et/ou chargeait une facture salée.  L'État entreprit alors de prendre en main plusieurs de ces services.  Ce fut le cas pour l'électricité, le transport en commun, la santé et l'éducation.  Le système gouvernemental se cherchait un équilibre entre la qualité et la capacité de payer la facture collectivement par l'impôt, pour s'assurer d'une répartition plus équitable. Dès lors, des esprits égoïstes se mobilisèrent pour défaire le tout. C'est en 1986, que le Parti Libéral du Québec (PLQ) sous Robert Bourassa donna sont premier grand coup à l'État.

L'histoire est écrite, alors nous allons abréger.

Plus tard, arrive l'Action Démocratique du Québec (ADQ), l'ancêtre de la Coalition Avenir Québec (CAQ), qui charriait justement cette volonté de défaire l'État répartiteur de richesse et de services.  Mettant un peu d'eau dans leur vin pour eux, du vinaigre pour les autres, ils s'enlignèrent sur le même programme que le Parti Libéral du Québec, lequel, malheureusement pour l'ADQ devenue Coalition Avenir Québec, était devenu, entre temps, un parti conservateur sous Jean Charest. 

De 2003 à 2012, de 2014 à 2018, tous les ministres travaillaient à diminuer le rôle de l'État en confiant le tout au secteur privé de l'économie.  Ils occultèrent complètement les raisons pour lesquelles leurs ancêtres députés avaient dû délivrer ces services publics du giron du privé.  En bons ministres idéologues et carriéristes, ils firent pire.  De là naquirent les manigances constatées lors de la Commission Charbonneau.

Corruption, collusion, copinage, conflits d'intérêts, le secteur privé était imbriqué dans les rouages de la fonction publique contre l'État, contre les citoyens. S'ensuivit un affaiblissement général des lois et des règlements jusqu'à contorsionner la loi de la fonction publique.  Ils poussèrent même l'École nationale d'administration publique (ÉNAP) à enseigner comment privatiser les services publics. Heureusement, différents vérificateurs généraux du Québec en alertèrent la population dénonçant avec émoi la supercherie.

Aujourd'hui élue à la tête du gouvernement québécois, la Coalition Avenir Québec poursuit dans chacun des ministères le travail de démantèlement de l'État engagé par le Parti Libéral du Québec. Chacun applique des solutions qui ont montré leurs faiblesses et, dans plusieurs cas, l'étendue de leurs effets pervers. 

Vous aurez remarqué qu'après s'être excusé auprès de l'agronome Louis Robert, le premier ministre n'a pas réintégré au ministère de l'Agriculture le CEROM.  Il semble préférer laisser dans le giron du privé un conseil d’administration qui restera sous influence, mais avec quelques règles facilement contournables.  Il a aussi permis d'abolir des emplois qui risqueraient de créer d'autres lanceurs d'alerte.

Aujourd'hui, coincée avec le scandale du "Bordel Informatique" dans l'ensemble des ministères, la CAQ est obnubilée par de vieux concepts de privatisation qui risquent de leur faire prendre une mauvaise décision dans le cas de la gestion du nuage informatique. 

Solutions

Comme le recommandaient les rapports des vérifications générales et la Commission Charbonneau, il faut en priorité rebâtir des équipes de gens au faîte de leur spécialité.  Dans ces équipes, des chercheurs doivent identifier les pratiques les plus innovantes, des ingénieurs doivent conceptualiser les besoins et des techniciens doivent appliquer le tout.  Ensuite, s'il reste du temps de travail que les fonctionnaires ne peuvent pas faire, il sera toujours temps de requérir de la main d'oeuvre temporaire ou des sous-traitants pour prêter main-forte.  Il faut arrêter de laisser le secteur privé improviser ses solutions et apprendre son métier à nos frais.   
                                     -  JosPublic

Consultez les dossiers des cas qui n'auraient jamais dû être confiés au secteur privé. Ceci n'est pas une liste hexaustive

Autoroute à péage privée

Barrages hydroélectriques de petites tailles
1.  Évaluation

2. Est-ce la fin?

Centrale de production d'électricité au gaz

Centre hospitalier universitaire de Montréal: construction et gestion selon la formule Partenariat public-privé - Les bilans:
1.  Premier bilan
2.
Deuxième bilan
3.
Troisième bilan
4. Quatrième bilan

Éducation: les écoles privées sont dans une situation similaire.   Pendant qu’elles écrèment leur « clientèle » en choisissant les meilleurs élèves, elles laissent les écoles publiques dans une situation où un jeune sur cinq dans chaque classe a un handicap ou un problème d’apprentissage.   Le financement public des écoles privées (qui atteint entre 60  % et 68 % de leur budget) participe donc de la création d’un système d’éducation à deux vitesses.   Depuis quelques années, ce phénomène est en expansion puisque l’espace occupé par les  écoles privées tend à augmenter. Source

Éoliennes de production d'électricité

Garderies privées  dont la vitesse d’éclosion dépasse les 1000 %, s’organisent elles aussi en grugeant des fonds étatiques.   On a beau les appeler officiellement « garderies non subventionnées », une part non négligeable de leurs revenus provient des crédits d’impôt que l’État verse aux parents. Source

Haltes routières sur les autoroutes

Informatique au ministère de la Sécurité publique
1.  Premier cas
2.
  Deuxième cas

Les groupes de médecine de famille (GMF)
Reprennent les ressources dédiées aux centres locaux de services communautaires (CLSC), ne sont rien de moins qu’une privatisation du service financé à même les fonds publics.   En effet, les GMF sont des cliniques privées détenues par les médecins qui y pratiquent.   Il y a donc privatisation parce qu’on transfère à des entreprises privées des fonds qui allaient avant aux CLSC.   Il faut aussi noter que les revenus de ces cliniques privées proviennent presque totalement de la même source : RAMQ la Régie de l’assurance maladie du Québec: 
Source

 
 

Ce qu'en dit le chroniqueur économique Michel Girard
31 juillet 2019

 
 

Les vols de données personnelles ne cessent de croître et de faire des victimes.

Combien de vols de données personnelles faudra-t-il atteindre pour réussir à faire reculer le gouvernement Legault sur sa décision de confier à l’entreprise privée d’ici trois ans quelque 80 % de toutes les données informatiques actuellement stockées dans l’appareil gouvernemental ?

François Legault et ses deux lieutenants clés du dossier de l’informatique gouvernementale, à savoir Éric Caire et Christian Dubé, pensent que la privatisation est « la » solution pour mettre fin au bordel informatique au sein de l’appareil gouvernemental.

Pas sûr.  Je les invite à prendre connaissance (et conscience) du bilan (fort partiel) des arnaques suivantes. 

Le nombre effarant de victimes des vols de données a de quoi soulever les plus grandes craintes envers la nouvelle stratégie informatique du gouvernement caquiste.

 

Christian Dubé et Éric Caire présentent  Consolidation des centres de traitement informatique

BILAN DES VOLS

Pas plus tard qu’avant-hier, on apprenait que 106 millions de clients, dont 6 millions de Canadiens (dont peut-être 1 million de Québécois), se sont fait voler leurs données personnelles chez Capital One, le 5e plus gros émetteur de cartes de crédit au monde.

Ici même au Québec, quelque 2,9 millions de membres des caisses Desjardins se sont fait piquer leurs données personnelles par un véreux employé.

Que dire aussi du scandale Facebook où 87 millions d’utilisateurs auraient été touchés par le vol de données personnelles à la firme Cambridge Analytica.

Du côté de Bell Canada, l’an passé, environ 100 000 clients avaient été victimes de piratage informatique.

L’an dernier également, des fraudeurs auraient volé des données à BMO Banque de Montréal (50 000 clients visés) et chez la Simplii Financial de la Banque CIBC (40 000 clients touchés).

Il y a deux ans, c’était au tour de 147 millions de clients d’Equifax (eh oui ! la firme qui surveille notre crédit) de se faire voler leurs données personnelles.

Note du Webmestre: voilà que Revenu Québec explique ses propres difficultés

Lydia Martel, première vice-présidente du Syndicat de professionnelles et professionnels du gouvernement du Québec (SPGQ) est irrité par l’attitude bornée du ministre délégué à la Transformation numérique gouvernementale, Éric Caire, qui persiste à vouloir confier les données des Québécois à des entreprises américaines.

QUE FERA LEGAULT ?

Marwah Rizqy, porte-parole libérale en matière de stratégie numérique, a raison de s’inquiéter face à la mainmise prochaine du secteur privé sur nos données gouvernementales.

Dans un tweet diffusé hier à la suite du vol chez Capital One, Mme Rizqy disait : « 100 millions de personnes affectées par une nouvelle fuite de données personnelles. Un autre signal d’alarme pour le gouvernement Legault : développons l’expertise québécoise au lieu de confier nos données aux multinationales étrangères ! »

Le 4 février 2019, Québec annonçait le regroupement des quelque 450 centres de traitement informatique (CTI) gouvernementaux au sein de deux grands centres, en plus de transférer 80 % de ses données à des services privés d’hébergement infonuagique (cloud computing).  Les géants de l’infonuagique sont IBM, Amazon, Microsoft, Google... 

Le Journal rapportait récemment que la multinationale Amazon courtisait les fonctionnaires québécois. Par l’entremise de sa filiale Amazon Web Services (AWS), elle leur offrait des cours gratuits afin de se familiariser avec l’infonuagique.

En passant, les données de Capital One sont hébergées par AWS.  Toutefois, Amazon rejette toute responsabilité dans le vol de données des 106 millions de clients de Capital One.

À la suite des récents vols de données, ça prend quoi de plus pour faire reculer Legault, Caire et Dubé sur leur privatisation informatique ?

Une réponse de leur part serait grandement appréciée !

 

Source: MétéoPolitique pour JosPublic: Journal de Montréal pour Québecor Inc.

Choix de photos, collection de textes, mise en page, références et titrage par : JosPublic
Mise à jour le 18 août 2019

Ci-dessous: des textes en lien direct avec le sujet:

Privatisation de l'État du Québec de 1983 à 2017. Par Philippe Hurteau de l'IRIS

  Vendre son État, n'est-ce pas se vendre soi- même? 

Nationalisation de l'électricité au Québec: tarifs deux fois moins cher qu'en Ontario 

Nuage informatique, privatisation des données des citoyens du Québec, Coalition Avenir Québec privatise, Québec

Notes & Références encyclopédiques:

peut-être 1 million de Québécois...
 

6 millions de Canadiens touchés par une fuite chez Capital One - Sur TVA Nouvelles pour Québecor Inc., le 29 juillet 2019

 

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ici même au Québec...
 

 

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Que dire aussi du scandale Facebook...
 

 

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Du côté de Bell Canada...
 

Près de 100 000 clients de Bell Canada victimes de piratage informatique

Sur la Société CBC/Radio-Canada pour le gouvernement du Canada, le 23 janvier 2018

 

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L'an dernier également, des fraudeurs auraient...
 

Des fraudeurs auraient volé des données à la BMO et chez Simplii - Journal Le Soleil pour Capitales médias, le 28 mai 2018

 

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40 000 clients touchés...
 

Simplii Financial informe ses clients d'une possible problème de sécurité et communique les mesures recommandées afin de protéger leurs renseignements personnels. - Sur CNW, le 28 mai 2018

 

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Il y a deux ans c'était au tour...
 

Près d'un milliard de dollars d'amende pour Equifax. Sur le Journal de l'Assurance le 24 juillet 2019

 

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nouvelle stratégie informatique du gouvernement caquiste...
 

Consolidation des centres de traitement informatique - Le nouveau gouvernement du Québec pose le premier jalon de sa transformation numérique

Fil d'information du Gouvernement du Québec, le 4 février 2019

 

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Le Journal rapportait récemment que la multinationale...
 

 

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Vous aurez remarqué qu'après s'être excusé...
 

 

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Aujourd'hui, coincée avec le scandale du Bordel...
 

 

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Notes du webmestres...
 

Données personnelles: 19 employés congédiés en 4 ans à Revenu Québec - Presse pour la Fiducie de soutien de la Presse, le 9 août 2019

 

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