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Privatisation du système de santé: une bien mauvaise idée
Coronavirus en 2020: provoquera plusieurs millions de faillites personnelles
des milliers de personnes se laisseront mourir par manque d'argent, même aux États-Unis

Les cliniciens de l'hôpital testent les patients pour identifier les porteurs de la COVID-19. L'hôpital de Newton-Wellesley à Newton dans l'État du Massachusetts. Le 18 mars 2020 l'hôpital a installé trois tentes dans le stationnement où des patients présélectionnés peuvent se faire tester.

Trop souvent, j'entends encore des inconscients me parler de la privatisation du système de santé québécois.  C'est-à-dire le transfert à des compagnies privées, de l'organisation et la distribution des services de santé.  Malgré des milliers d'études et de recherches scientifiques qui invitent à faire autrement, l'appât du gain pour certains et surtout le préjugé répandu que l'entreprise privée est toujours plus performante et moins coûteuse que l'entreprise publique dénote une croyance qui aveugle trop de Québécois.

Les États-Unis est un des pays dont les services de santé sont les plus couteux au monde. Le Coronavirus qui sévit présentement éclaire intensément la misère qui s'abat sur les citoyens et citoyennes qui vivent dans un pays qui n'a pas de système de santé public couvrant l'ensemble de la population. 

Au Québec, les coûts sont dans les impôts de tous et personne ne risque de ne pas être soigné par manque d'argent.  Encore trop de gens ne réalisent pas le bénéfice de cette assurance d'État.  Un premier exemple venant de New York sans lien avec la COVID-19 :  hospitalisation d'une durée de 36 heures, les frais de chambre et pension sont de 23 482,79 $.  Je ne vous fais pas marcher.  C’était juste pour le lit d’hôpital et quelques mauvais repas, pas pour l’opération à la hanche ou les médicaments ou quoi que ce soit d’autre... Tout cela a été facturé en plus à l'assureur.

Éditorial de JosPublic

En plus de la perte de salaire pour ne pas avoir travaillé durant cette période, il y a le coût des médicaments et la prime mensuelle (entre 350$ et 2 000$) exorbitante payée à une compagnie d'assurance pour couvrir les autres frais.   Personnellement, j'identifie cela à de la calamité promue par des influenceurs politiques qui interviennent sous le voile des conseils d'administration et qui n'ont jamais de comptes à rendre à la population.

Yves Bolduc - Gaétan Barrette - Philippe Couillard

Il y a aussi des politiciens comme les Dr Yves Bolduc et Dr Gaétan Barrette, ex-ministre de la Santé, en conflit d'intérêts avec leurs commerces privées et le Dr Philippe Couillard ex-premier ministre qui s'est fait le porte-voix des couillons d'affaires.   Les trois furent à pied d'oeuvre pour démolir le système de santé québécois afin de mériter d'être imbriqués dans le club des mondialistes sans frontières.

Au delà des arguties politiques invocables, si vous aviez à vivre la situation, seriez-vous capable d'éviter la faillite personnelle dans une telle circonstance?  Peut-être choisiriez-vous de ne pas aller à l'hôpital, de refuser certains traitements, de ne pas faire appliquer la prescription ou l'ordonnance médicale de votre médecin, ce qui signifierait que vous vous laisseriez mourir par manque d'argent.  Ci-dessous une présentation de cette réalité qui nous échappe trop souvent.

 

 

Un hôpital de camp temporaire est préparé dans le Central Park, le 30 mars 2020, à New York.

 
 

Cas de COVID-19
Coût total de son traitement : 34 927,43 $

 
 

Samedi fin février 2020, lorsque Danni Askini a commencé à ressentir une douleur thoracique, un essoufflement et une migraine en même temps elle a communiqué avec l'oncologue qui traitait son lymphome.  Son médecin pensait qu'elle pouvait mal réagir à un nouveau médicament, alors elle a envoyé Askini aux urgences de la région de Boston.

Là, les médecins lui ont dit qu'il s'agissait probablement d'une pneumonie et l'ont renvoyée chez elle.  Au cours des jours suivants, Askini a vu sa température augmenter et chuter dangereusement en plus de développer une toux qui gargouillait à cause de tout le liquide dans ses poumons.  Après deux autres voyages aux urgences de l'hôpital cette semaine-là, Askini a subi un dernier test le septième jour de sa maladie, et une fois que les médecins ont pu gérer ses symptômes de grippe et de pneumonie, ils l'ont à nouveau renvoyée chez elle pour récupérer.  Elle a attendu encore trois jours pour qu'un laboratoire traite son test, et enfin elle a eu un diagnostic :  COVID-19.

Quelques jours plus tard, Askini a reçu les factures pour son test et son traitement : 34 927,43 $.   «J'ai été en choc et stupéfaite », dit-elle. "Personnellement, je ne connais personne qui a ce genre d'argent."

Comme 27 millions d'autres États-uniens,  Askini n'était pas assurée lors de son admission à l'hôpital.  Elle et son mari avaient prévu de déménager à Washington, DC en mars 2020 pour qu'elle puisse occuper un nouvel emploi, récemment obtenu.  Maintenant que ces plans sont en suspens, Askini a demandé l'aide du plan gouvernemental "Medicaid" et espère que le programme couvrira rétroactivement ses factures.  Sinon, elle sera en faillite personnelle.

Son cas est loin d'être unique car les experts en santé publique prévoient que des millions de personnes aux États-Unis devront probablement être hospitalisées pour la COVID-19 dans un avenir prévisible.  Et le Gouvernement n'a pas encore abordé le problème dans son ensemble

Le 18 mars 2020, le sénat a adopté la « Families First Coronavirus Response Act », qui couvre dorénavant les coûts des tests, mais ne fait rien pour réduire le coût du traitement.

Alors que la plupart des personnes infectées par la COVID-19 n'auront pas besoin d'être hospitalisées et pourront se rétablir à domicile, selon l'Organisation mondiale de la santé, celles qui doivent se rendre aux soins intensifs peuvent probablement s'attendre à de grosses factures, quelle que soit leur assurance.  Alors que le gouvernement états-unien prépare un autre plan de secours, hypothétiquement ce plan devrait aider à atténuer certains problèmes économiques causés par la pandémie de coronavirus, des failles importantes dans la couverture pour les personnes malades subsistent.

Ci-dessous, voici ce que pourrait-vous coûter un traitement pour la COVID-19, si vous résidiez aux États-Unis.

Un hôpital de camp temporaire est préparé dans le Central Park, le 30 mars 2020, à New York.  L'installation est un partenariat entre l'hôpital du Mt. Sinaï et l'organisation chrétienne d'aide humanitaire Samaritan's Purse, équipée de 68 lits pour traiter les patients de la COVID-19

 
 

Combien coûte l'hospitalisation pour la COVID-19 aux États-Unis ?

 
 

En raison du système de santé fragmenté des États-Unis, le coût dépend du type d'assurance détenue par une personne, si c'est un plan individuel ou familial, si l'employeur contribue ou non à payer la cotisation.  Il y a aussi une grosse différence dans la qualité des plans d'assurance en fonction de la grosseur de l'entreprise de l'employeur (on parle ici de volume d'adhérents).   Tous les plans ont des franchises c'est-à-dire un montant que vous devez payer de votre poche avant que l'assurance rembourse un cent. 

Une nouvelle analyse de la Kaiser Family Foundation estime que le coût moyen du traitement de la COVID-19 sans complication pour une personne avec une assurance payée en tout ou en partie par un employeur serait d'environ 9 763 $,  on parle ici de moyenne.  Une personne dont le traitement présente une légère complication sans se rendre au besoin d'avoir un respirateur mécanique peut voir ses factures doubler jusqu'à : 20 292 $.

Il existe également des variations considérables dans le coût des admissions pour troubles respiratoires.  Pour les patients qui ont besoin d'un ventilateur, la combinaison de séjours plus longs et de traitements à plus forte intensité se traduit par des dépenses moyennes plus élevées.  Le coût total médian d'une admission pour une affection respiratoire nécessitant 96 heures ou plus de ventilation est de 88 114 dollars, contre 34 225 $ pour une admission nécessitant moins de 96 heures de ventilation.

Frank Wucinski et sa fille de 3 ans, Annabel, font partie des dizaines d'Américains que le gouvernement a rapatriés au pays depuis Wuhan, en Chine, et mis en quarantaine pour rechercher des signes de coronavirus.   Il a reçu une facture de 3 918 $ après avoir été libéré d'une mise en quarantaine obligatoire du gouvernement états-unien.

En février 2020, Osmel Martinez Azcue de Miami s'est retrouvé dans une position effrayante :  il développait des symptômes pseudo-grippaux, au moment où le coronavirus ravageait le pays qu'il avait visité.  L'homme a reçu une facture de 3 270,75 $ après avoir été testé positif pour la grippe saisonnière, il n'avait donc pas le nouveau coronavirus et a été renvoyé chez lui pour se rétablir.

Pour de nombreux États-uniens, rembourser une facture inattendue de cette taille est presque impensable.  Près de 40% des adultes états-uniens disent qu'ils ne seraient pas en mesure de couvrir une urgence de 400 $ avec de l'argent, des économies ou une carte de crédit qu'ils pourraient facilement rembourser, selon les données de la Réserve fédérale.

Plus du quart des employés.es et près de la moitié de ceux des petites entreprises ont une franchise annuelle d'au moins 2 000 $.  Ceux qui sont couverts par les plans du marché Obamacare sont confrontés à un obstacle encore plus important :  la franchise moyenne pour un plan "bronze" individuel en 2019 était de 5 861 $, selon Health Pocket, un site qui aide les consommateurs à acheter une assurance maladie.

Le système de santé états-unien n'a pas de bonne réponse pour ceux et celles qui ne peuvent payer de leur propre poche sans assurances.  Danni Askini qui se rendit à l'hôpital de Boston le 29 février 2020, par exemple, a dû finalement payer de sa poche 1 804 $ pour sa visite aux urgences et 3 841,07$ pour les «services hospitaliers».  Suite à des articles dans les journaux, le plan "Medicaid" du gouvernement a accepté de payer les 28 282$ restant.

Le simple fait de voir ces chiffres scandalise la majorité des québécois, mais j'en ai entendu peu qui disaient  "C'est vrai que l'on paie plus d'impôts qu'aux États-Unis, mais éviter de faire une faillite personnelle à cause d'une pneumonie en vaut vraiment la peine."
 

Notes & Références encyclopédiques:

Et le Gouvernement n'a pas encore abordé le problème dans son ensemble...
 

Mitch McCONNELL
Sénateur du Parti Républicain

Le Sénat légifère à propos de l'aide pour contrer le coronavirus et augmente l'aide aux états-uniens. Texte en anglais - Senate Approves Coronavirus Aid As Lawmakers Ramp Up Help to Americans - Source Time, 18 mars 2020

S'exprimant depuis le Sénat après l'adoption du projet de loi mercredi, McConnell a déclaré que ce projet de loi était "une étape très importante", mais pas la dernière, indiquant qu'une troisième législation était imminente.  McConnell a déclaré que les républicains travailleraient avec la Maison Blanche pour assurer un front unifié et commenceraient alors à négocier avec les démocrates. "Nous évoluons rapidement parce que la situation l'exige", a déclaré McConnell.

 

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En raison du système de santé fragmenté des États-Unis...
 

Le système de santé américain aggravera  probablement les effets de l'épidémie de coronavirus.  Texte en anglais: America's Health System Will Likely Make the Coronavirus Outbreak Worse

Alors que les responsables gouvernementaux se précipitent pour limiter la propagation du nouveau coronavirus, des éléments fondamentaux du système de santé américain - franchises, réseaux et bureaucratie d'assurance kafkaïens - compliquent déjà la tâche de nombreux états-uniens à recevoir des soins médicaux dans des conditions normales, ce qui aggravera probablement les effets de l'épidémie. Source: Time, 4 mars 2020

 

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qui s'est fait le porte-parole des couillons d'affaires...

 

Bolduc, Barrette et Couillard: trois médecins pour soigner les conflits d'intérêts qui donnent le mal de coeur

Il y en a qui les ont crus. Ils avaient promis un gouvernement propre qui ferait table rase du lourd passé hérité de Jean Charest et qui agirait en toute transparence. À peine trois mois après avoir formé un gouvernement majoritaire à Québec, les libéraux ne cessent de nous surprendre par la vitesse avec laquelle ils réussissent à nous dégoûter de nouveau de la politique. Canoë pour Québecor Inc., le 11 juillet 2014

 

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afin de mériter d'être imbriqués dans le club des mondialistes sans frontières...

 

Yanis Varoufakis

 

Les personnes imbriquées et les exclues du pouvoir politique et économique. Extrait du livre Conversations entre adultes - dans les coulisses secrètes de l'Europe par Yanis Varoufakis Sur MétéoPolitique, le 28 mars 2018

 

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Source: Time pour Salesforce de Marc Russell Benioff; Health Pocket insurance review

Choix de photos, collection de textes, mise en page, références et titrage par : JosPublic
Mise à jour le 16 avril 2020

Ci-dessous: des textes en lien direct avec le sujet:

  Privatisation des hôpitaux: des aiguilles de seringue coûtant 80 cents vendues 143$ aux patients
Par  Wendell POTTER

 Électricité: deux fois moins cher au Québec qu'en Ontario. Merci à René Lévesque

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