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Nelson Mandela, invité malgré lui au bal des hypocrites

L’avalanche d’hommages envers Nelson Mandela est certes méritée par la personnalité, le sacrifice, et la vie du grand leader sud-africain. Mais elle pourrait laisser croire que tout le monde l’a toujours adoré, et qu’il n’aurait donc été victime que d’une poignée d’extrémistes blancs isolés au bout de l’Afrique.

La réalité est bien différente. Pour l’essentiel de sa vie politique, Nelson Mandela a été considéré comme un homme dangereux par le monde occidental, y compris par certains des signataires des communiqués enflammés publiés dans toutes les capitales.

 

 
 

Apartheid : l'hypocrisie canadienne

 
 

Le 5 décembre 2013 le premier ministre canadien Stephen Harper aurait dû se taire

Il faut saluer ici, la prose du rédacteur de discours et de communiqué de presse du Premier ministre. C'est de la langue de bois pure, venant d'un politicien conservateur réformiste qui déteste toutes les valeurs mises de l'avant par l'ex-président de l'Afrique du Sud. Tous les discours et les gestes posés par Stephen Harper en sont une preuve au quotidien depuis que le Canada subit son régime.

Il n'y a pas un mot que je vais écrire ici que je ne pourrais pas prouver par 1 plus 1 font 2, mais c'est de Mandela qu'il sera question et non pas du minus politique qui ose prendre la parole à l'occasion du décès de l'icône que fut Nelson Mandela.

Le communiqué de presse ajoute que le premier ministre du Canada a salué la mémoire de Nelson Mandela en soulignant son rôle central dans la chute pacifique du régime d'apartheid en Afrique du Sud. « Malgré de longues années en captivité, M. Mandela est sorti de prison en fermant son coeur à toute incitation à un règlement de compte», a affirmé Stephen Harper via un communiqué.

Nelson Mandela, président de l'Afrique du Sud et Jean Chrétien, premier ministre du Canada accompagné de représentants de la Gendarmerie Royale du Canada en costume de Police montée

«Sa retenue était légendaire : sa magnanimité a épargné à tous les Sud-Africains des souffrances incalculables.» M. Harper a rappelé que l'ex-président sud-africain avait été fait citoyen honoraire du Canada en 2001, par Jean Chrétien.

JosPublic ajoute que ce n'aurait certainement pas été possible avec le premier ministre conservateur Joe Clark et presque la moitié des canadiens qui détestaient la vision sociale et politique du visionnaire qu'était Nelson Mandela.

«L'héritage durable que Nelson Mandela laisse à son pays et au reste du monde est l'exemple qu'il a donné avec sa longue marche vers la liberté, a-t-il ajouté. Avec grâce et humilité, il a montré comment il est possible pour les gens de transformer leur époque et leur propre vie.» 

Ce serait bien d'éviter de réécrire l'histoire pour se donner le beau rôle. Si les canadiens avaient l'ombre du début d'une vision de politique sociale de leur pays, ils et elles s'inspireraient de Mandela et s'emploieraient à tout faire pour se débarrasser de Stephen Harper, un dictateur doucereux ne sachant parler qu'une langue au Canada: la langue de bois.
- JosPublic


Le Canada et l'apartheid : ni noir, ni blanc - Période : 1961 - 1993

De 1948 à 1991, l'Afrique du Sud est régie par des politiques racistes et ségrégationnistes. Expulsé du Commonwealth en 1961, puis mis au ban des Nations unies et soumis aux sanctions de nombreux pays, le gouvernement de Pretoria fait figure de paria. Alors que le gouvernement canadien, sous l'impulsion de Pierre-Eliott Trudeau, prend le rôle de leader dans la lutte diplomatique contre l'apartheid, les entreprises canadiennes elles continuent allègrement de faire des affaires en Afrique du Sud. 

En janvier 1989, une étude met en doute le rôle de défenseur de la justice que se donne le gouvernement canadien. Comme l'explique la journaliste de Radio-Canada, Catherine Bergman, malgré les sanctions économiques, le commerce entre l'Afrique du Sud et le Canada se porte bien. ( 03 )

En fait, les importations canadiennes d'Afrique du Sud ont augmenté de 68 % de 1987 à 1988, selon les chiffres de Statistiques Canada. Ce sont des importations de 149 millions de dollars canadiens qui se sont déversées au pays en 1988, contre 98,4 millions en 1987.

Joe Clark

La publication des chiffres de Statistiques Canada fait grand bruit dans la presse de l'époque et le gouvernement canadien ne tarde pas à réagir.

Le ministre Joe Clark menace d'imposer des sanctions aux entreprises qui continuent de faire des affaires avec l'État sud-africain.

Parmi les entreprises délinquantes, on compte le Canadien Pacifique et Fednav, qui louent des navires à des entreprises de charbon d'Afrique du Sud, Québec Fer et Titane, Varity (anciennement Massey-Ferguson) et le Groupe Unican.

Et au nombre des produits importés au Canada, on note des métaux rares tels le ferrochrome, le platine et le manganèse. Mais ce qui frappe surtout les esprits est l'importation de pommes Granny Smith.

Des entreprises canadiennes sont également accusées – par le ministre des Affaires étrangères du Zimbabwe – de poursuivre la vente d'armes et de matériel militaire à l'Afrique du Sud, en passant par d'autres pays.

En réponse aux chiffres de Statistiques Canada et aux accusations du ministre zimbabwéen, le Canada – qui préside alors le comité anti-apartheid du Commonwealth – s'engage, lors d'une rencontre du comité ministériel du Commonwealth sur l'Afrique australe, à resserrer l'application de ses restrictions envers le gouvernement de Pretoria.

Alors que le gouvernement canadien avait appelé en 1986 à la suspension volontaire de toute promotion touristique vers l'Afrique du Sud, l'entreprise de crédit VISA lance, au début de l'année 1989, un concours dont les prix comprennent un voyage, tous frais payés, en Afrique du Sud sur les ailes de British Airways.

Six institutions bancaires participent à cette campagne de promotion, dont la Banque Royale, la Toronto-Dominion et les Caisses populaires Desjardins.

Il faut se souvenir que les riches canadiens adorent se retrouver aux flamboyants casinos de Pretoria comme ils et elles le faisaient avant la révolution cubaine de 1959 à la Havane à Cuba. ( 04 )

La population canadienne n'appuie pas entièrement les sanctions imposées à l'Afrique du Sud, selon un sondage publié en mars 1989. Près de la moitié (47 %) des répondants qui étaient au courant de la politique raciale sud-africaine estiment que le Canada devrait maintenir des relations diplomatiques avec le gouvernement de Pretoria.

C'est seulement devant l'évidence de la reconnaissance du African National Congress par le Parti Conservateur de Frederik de Klerk, le parti qui a mis en place le système d'apartheid avant de l'abolir en 1991, que le Parti conservateur canadien va poser quelques gestes d'apaisement envers Nelson Mandela.  En 1984, le gouvernement de Brian Mulroney reprend le flambeau des libéraux et s'oppose activement au régime de l'apartheid en Afrique du Sud.

Cette politique de Mulroney le mit en conflit avec les gouvernements américain et britannique, mais lui assura un grand respect ailleurs.

Malgré le déni de 2013, les politiciens occidentaux s'accommodaient très bien du régime raciste d'Afrique du Sud. Le Congrès national africain (ANC) de Nelson Mandela a été désigné organisation terroriste par le régime de l'apartheid sud-africain pour son combat contre le système de ségrégation raciale en oeuvre dans le pays de 1948 à 1994. Le nom de Nelson Mandela est resté inscrit sur la liste noire des terroristes aux États-Unis jusqu'en 2008, année où George W. Bush, président de l'époque, a signé un décret pour l'en retirer. Ce qu'a toujours refusé l'ancien vice-président Dick Cheney.

En 1986 alors membre du Congrès, il a voté, à l'instar de 179 de ses confrères, contre une résolution non exécutoire visant à reconnaître l'ANC et à exiger du gouvernement sud-africain qu'il libère Nelson Mandela. La mesure a finalement été adoptée, mais pas avant une tentative de veto de la part de Dick Cheney. Questionné à ce sujet en 2000, Dick Cheney déclarait avoir le même avis sur la question.

Il est a noté que la ville de Montréal sous l'administration du Rassemblement des citoyens et citoyennes de Montréal RCM et du maire Jean Doré avait mis en application un boycott des produits Sud-Africains pour exiger la libération de Nelson Mandela.

 
 

Quand l’Occident soutenait la capitale du racisme Pretoria

 
 

La polémique autour de l’attitude du politicien français d'extrême droite Jean-Marie Le Pen ( 01 ), provoquée par la réécriture de l’histoire par sa fille sur la radio de France International, pourrait là aussi laisser penser qu’il était seul dans ce cas. Il n’était que le plus franc, y compris quand le qualificatif de « terroriste » n’était plus de mise pour le futur prix Nobel de la paix...

Du côté de l’apartheid

L’histoire est pourtant cruelle. L’ensemble du monde occidental a été du côté du pouvoir blanc sud-africain pendant plusieurs décennies, jusqu’à ce que le soulèvement de la jeunesse noire, à Soweto en juin 1976, ne finisse par lézarder ce consensus, qui ne prendra véritablement fin qu’à la fin de la guerre froide, en 1989.

La condamnation morale de l’apartheid, et même l’exclusion de l’Afrique du Sud du Commonwealth après le massacre de Sharpeville en 1960 ( 02 ), prélude à l’emprisonnement de Nelson Mandela en 1962, aura finalement pesé moins lourd que les considérations géopolitiques. Pas surprenant, mais peut-être faut-il quand même le rappeler, au lieu de s’abriter derrière un consensus très récent. 

Dans les années 60 et 70, l’Afrique du Sud était considérée par les stratèges de l’Otan comme un pion essentiel à la fois pour le contrôle de la route maritime du Cap empruntée par les supertankers de l’époque, et comme source de certains minerais vitaux pour l’industrie de défense.

Nelson Mandela et sa femme Winnie le jour de sa libération,
le 11 février 1990

L’adhésion à l’Otan du Portugal de la dictature Salazar, engagée dès les années 60 dans des guerres interminables dans ses colonies d’Angola et du Mozambique, renforçait cette appartenance officieuse du pouvoir minoritaire blanc de Pretoria au « front anticommuniste ». 

Bunker de surveillance à Silvermine

A Silvermine, dans la péninsule du Cap, l’armée sud-africaine avait installé dans un bunker une station d’écoute et de surveillance des mers du sud, dont les informations étaient transmises aux services de renseignement occidentaux.

Les informations allaient dans les deux sens, et c’est sur un tuyau de la CIA que Nelson Mandela aurait été arrêté une première fois.

 
 

Complicités françaises

 
 

La France a elle aussi collaboré étroitement avec le régime de l’apartheid.

Elle a vendu à l’Afrique du Sud sa première centrale nucléaire dans les années 70, au risque de contribuer à la prolifération militaire à laquelle Pretoria a officiellement mis un terme à la fin de la domination blanche.

En 1976, alors que Pierre Haski, journaliste fondateur du journal internet Rue 89, était correspondant de l’Agence France Presse AFP à Johannesburg, l’ambassade de France n’ayant aucun contact à Soweto et craignant de déplaire au gouvernement de Pretoria, lui demandait s'il accepterait d’organiser un dîner chez lui pour qu’un émissaire du ministère des Affaires étrangères de France (Quai d’Orsay 05) puisse rencontrer le docteur Ntatho Motlana ( 06 ), représentant personnel de Winnie Mandela, l’épouse du leader emprisonné.

Le Congrès national africain (ANC) dont les principaux dirigeants croupissaient en prison à Robben Island, était bien isolé... Dans les années 70, lorsque des délégations du mouvement de libération, conduites par son responsable international, le futur président Thabo Mbeki, passaient par Paris, celui-ci habitait la chambre de bonnes d’un ami marocain, et était royalement ignoré par le gouvernement.

Chirac et la « troisième voie »

Plus tard, au début des années 80, lorsque la situation à l’intérieur de l’Afrique du Sud est devenue quasi insurrectionnelle, la droite française a participé au stratagème de Pretoria visant à favoriser une « troisième voie » en la personne du chef zoulou Gatsha Buthelezi, un noir « présentable ».

Alors que ses miliciens s’en prenaient aux partisans de l’ANC à coups de machettes, Buthelezi était officiellement reçu par Ronald Reagan et Margaret Thatcher, et, en France, par Jacques Chirac alors maire de Paris (les photos sont exposées dans le salon de Buthelezi au Kwazulu-Natal).

Au même moment, Laurent Fabius, alors Premier ministre, imposait les premières vraies sanctions françaises et retirait l’ambassadeur de France à Pretoria.

Il faudra la révolte des noirs d’Afrique du Sud, la chute du mur de Berlin et un puissant mouvement d’opinion dans le monde entier, pour que les dirigeants occidentaux changent d’attitude, et poussent le régime de l’apartheid à libérer Mandela et à négocier.

Créez des ponts pour franchir les écarts, utilisez la tolérance et la compassion, soyez inclusif, bâtissez la dignité et la fierté, encouragez la liberté d'expression et créez une société civile pour l'unité et la paix

Le consensus d’aujourd’hui autour de Nelson Mandela ne doit pas faire oublier les errements criminels d’hier qui ont contribué à le laisser plus d’un quart de siècle en prison, et à prolonger la durée de vie du système inique de l’apartheid.

Il est plus facile de faire croire qu’on a toujours été du côté du « bien » contre le « mal » que de s’interroger sur les raisonnements fallacieux qui ont poussé la « patrie des droits de l’homme » et les autres défenseurs de la démocratie à rester aussi longtemps complices d’un système basé sur un déni d’humanité.

La disparition d’un géant de l’histoire devrait pourtant être le moment de regarder objectivement le passé.

 
 

Quand Mandela était oublié de tous
par Frédéric Couderc (écrivain)

 
 

Frédéric Couderc vit un quart de l’année au Cap. Son nouveau roman Un été blanc et noir (Flammarion) met en scène Nelson Mandela lors d’une tentative d’évasion du pénitencier de Robben Island.

On l’oublie, mais à son procès en 1964 pour haute trahison et actes de sabotage, Nelson Mandela était prêt à subir la peine de mort.

Au souvenir de cet épisode, il a toujours cité cite Shakespeare :

« Soyez résolu devant la mort ; et la mort et la vie vous sera plus douce ».

De nos dirigeants, nous ne pouvons attendre rien. Ils sont ceux qui donnent les ordres au soldat penché sur sa carabine; c'est l'esprit des dirigeants qui fait bouger le doigt qui caresse la détente du fusil.

On l’oublie, mais ils n’étaient pas nombreux alors ceux qui s’étaient émus de son sort. Le grand Charles De Gaule avait laissé Brejnev, des membres du Congrès américains et des parlementaires britanniques réclamer l’indulgence des autorités sud-africaines.

Seule Marie-Claude Vaillant-Couturier, députée communiste, résistante déportée à Auschwitz, s’était indignée du haut de la tribune de l’Assemblée nationale.

La communauté internationale a longtemps accepté ce verdict, avalant la prose et le cliché du très conservateur journal The Daily Telegraph, seul journal autorisé à se rendre sur Robben Island aux pires années de sa détention : pas de doute, les « terroristes » étaient bien traités.

En vérité, Mandela et ses camarades vivaient comme des chiens, les niches des bergers allemands qui participaient aux rondes étaient d’ailleurs plus grandes que les cellules...

Alors que le grand homme est hélas en train de disparaître (il a été placé mercredi en maintien artificiel des fonctions vitales, ndlr) , on pourrait moquer l’amnésie des conservateurs du monde entier qui se sont accrochés à l’apartheid presque jusqu’au bout.

Mais s’il en est une qui devrait se taire, c’est bien Marine le Pen, prétendant ce matin que son père « a toujours condamné l’apartheid » et que Nelson Mandela voulait rencontrer Jean-Marie Le Pen, une rencontre annulée par Jacques Chirac. De grâce...

 
 

5 août 1962
Arrestation de Nelson Mandela

 
 

Durant ma vie, je me suis dédié à la lutte du peuple d'Afrique. Je me suis battu contre la domination des blancs et je me suis battu contre la domination des noirs. J'ai toujours chéri l'idéal d'une société libre et démocratique au sein de laquelle toutes les personnes vivent ensemble, en harmonie et ayant des possibilités égales. C'est un idéal par lequel je tente de vivre et que j'espère atteindre. Mais si nécessaire, c'est un idéal pour lequel je suis prêt à mourir.

Nelson Mandela, un membre actif du Congrès national africain (CNA) qui conteste la politique ségrégationniste de l'Afrique du Sud (apartheid), est arrêté le 5 août 1962. Il sera relâché, puis emprisonné de nouveau en 1963, avant d'être condamné à la détention à perpétuité en 1965 en raison de ses activités politiques clandestines.

Nelson Mandela se joint au CNA dès 1942. Ce parti politique défend les intérêts des noirs et revendique, au nom de cette majorité qui forme 70 % de la population, des droits politiques égaux à ceux de la minorité blanche.

Cependant, l'élection de 1948 porte au pouvoir le Parti national (PN) du révérend Daniel Malan. Il adopte une série de lois ségrégationnistes fondées sur le principe du développement séparé, soit l'apartheid. Ces lois fixent plusieurs pratiques discriminatoires déjà en cours en Afrique du Sud.

En 1955, Mandela participe à la rédaction d'une charte de la liberté dont le fondement est la lutte contre la ségrégation raciale. Il est arrêté une première fois en 1956, sous des accusations de trahison, puis est acquitté.

Mais à la suite du massacre de Sharpeville, en 1960, où des dizaines de manifestants noirs sont abattus par des policiers, le CNA est frappé d'interdit et ses leaders politiques emprisonnés. Nelson Mandela devient un des prisonniers politiques les plus connus dans le monde.

Il est partiellement libéré le 7 décembre 1988 et mis en résidence surveillée. Il est libéré définitivement le 11 février 1990 par le président sud-africain Frederik de Klerk qui, du même coup, met fin à la clandestinité du CNA. Mandela et de Klerk travaillent ensuite au maintien de la paix civile en Afrique du Sud et à l'instauration d'un régime de transition suivant la fin officielle de l'apartheid, le 30 juin 1991.

En 1993, tous deux reçoivent le prix Nobel de la paix pour leurs actions. Le 10 mai 1994, Nelson Mandela devient le premier président noir d'Afrique du Sud.

 
 

Qu'est-ce que l'apartheid
Brève définition

 
 

Apartheid: Système politique qui a prévalu en Afrique du Sud de 1911 à 1989.

Il représente une forme extrême d'institutionalisation du racisme. Basé sur la ségrégation raciale, ce système donnait à la minorité afrikaner (30% de la population) les pleins pouvoirs politiques et économiques sur la population indigène.

Prévues au départ comme devant être ponctuelles, ces mesures ségrégationnistes furent traduites en lois en 1948 avec l'ascension au pouvoir du Parti nationaliste du révérend Daniel Malan, qui forme une coalition avec le Parti Afrikaner radical

Les lois alors adoptées prévoyaient le développement séparé des deux communautés : la première composée des zoulous, bantous, indiens et métis, la seconde des blancs majoritairement afrikaners avec interdiction de mariages mixtes et obligation d'habitation séparée (Groups Areas Act). Cette dernière loi entraîna le phénomène des « bantoustans » (Homeland Act), des États ethniques maintenus dans une extrême pauvreté. Les terres, dans une proportion de 70%, étaient d'ailleurs réservées aux populations blanches.

L'idéologue de ces politiques fut H.F. Verwoerd (1901-1966), lié au Parti nationaliste.

Apartheid signifie en afrikaans «Vivre à part».

Personne nait en haïssant une autre personne à cause de la couleur de sa peau, de sa provenance, ou de sa religion. Les gens apprennent à haïr, et s'ils peuvent apprendre à haïr, ils peuvent apprendre à aimer, puisque l'amour arrive plus facilement au coeur humain que son contraire.

 

Quand Barak Obama utilise la mort de Mandela pour se faire du capital politique

 

28 juin 2013 - Mandela mourant, les dossiers économiques au coeur de la visite du président Barak Obama en Afrique du Sud, notamment la clause douanière AGOA qui bénéficie aux produits sud-africains sur le marché américain, devraient passer au second plan.

"Le président va parler de l'héritage de Nelson Mandela, et cela va occuper une grande part de notre temps en Afrique du Sud", a déclaré le conseiller adjoint à la sécurité américain Ben Rhodes et voilà c'est dit.

Durant le trajet depuis Dakar, Barack Obama a souligné qu'il tenait à ne pas importuner la famille. "Je n'ai pas besoin d'une photo avec lui. La dernière chose que je veux faire, c'est être indiscret à un moment où la famille est inquiète", a-t-il dit, sachant très bien que la famille ne l'a pas invité a visiter Mandela à l'hôpital. Sauf que, son service de propagande a pu organiser une rencontre avec deux des filles et huit des 17 petits-enfants de Mandela, encore de la couverture médiatique et de belles photos pour la postérité...d'Obama. Aucun autre chef d'État n'a eu l'indécence de s'inviter au téléphone auprès de Graça Machel, l'épouse de Nelson Mandela, qui passe de longues heures à l'hôpital de Pretoria où il est soigné depuis trois semaines.

Rien de particulier unit les deux hommes, l'un a prôné la lutte armée pour libérer son peuple du joug des blancs Afrikaners et l'autre fait la guerre, en Syrie, Libye etc. pour conquérir des territoires pétroliers pour son peuple. Les deux hommes s'étaient déjà rencontrés en 2005, alors qu'Obama était un jeune sénateur et depuis, ils se sont parlé plusieurs fois au téléphone.

Un accueil mitigé

Barak Obama en Afrique du Sud

La visite d'Obama a suscité quelques grincements de dents en Afrique du Sud, notamment au sein de la communauté musulmane et dans les rangs syndicaux.

Une cinquantaine d'étudiants musulmans ont prié devant l'ambassade américaine en signe de protestation contre la "politique étrangère brutale" des États-Unis.

Ils ont été rejoints par quelques dizaines de militants de la Cosatu, la grande confédération syndicale proche du pouvoir sud-africain, venus dénoncer "l'impérialisme américain".

Nombre d'entre eux portaient des tee-shirts où était écrit "Non, Obama, vous ne pouvez pas emprisonner sans procès", en référence à la prison de Guantanamo.

Note de JosPublic: il faut le voir pour le croire: un président étatsunien noir va, pendant trois jours, pérorer sur la grandeur de Mandela face au racisme en Afrique du Sud.

Celui-là même qui ne lève pas le petit doigt pour défendre les personnes discriminées dans son propre pays.

Celui-là même qui maintient, dans l'ensemble du monde, la vieille politique étatsunienne de combattre tout ce qui serait à gauche de son champ politique et qui pourrait aider les pauvres de tous les pays à vivre décemment.

Vraiment, l'hypocrisie n'a pas de couleur!

 

 
 

La peur par Nelson Mandela
Extrait du discours prononcé lors de son intronisation à la présidence
de la République de l'Afrique du Sud en 1994

 
 

Notre peur la plus profonde n'est pas que nous ne soyons pas à la hauteur.
Notre peur la plus profonde est que nous sommes puissants au-delà de toute limite.
C'est notre propre lumière et non pas notre obscurité qui nous effraie le plus.
Nous nous posons la question:
  Qui sui-je, moi, pour être brillant, radieux, talentueux et merveilleux?
  En fait, qui êtes-vous pour ne pas l'être?
Vous êtes un enfant de Dieu.
Vous restreindre, vivre petit ne rend pas service au monde.
L'illumination n'est pas de vous rétrécir pour éviter d'insécuriser les autres.
Nous sommes nés pour rendre manifeste la gloire de Dieu qui est en nous.
Elle ne se trouve pas seulement chez quelques élus: elle est en chacun de nous et au fur et à mesure que nous laissons briller notre propre lumière, nous donnons inconsciemment aux autres la permission de faire de même.
En nous libérant de notre propre peur, notre présence libère automatiquement les autres.

Sources: Rue 89 pour Claude Perdriel, Ici Radio-Canada pour la Société CBC/Radio-Canada et Équipe Perspective Monde de l'Université de Sherbrooke

Choix de photos, mise en page, références et titrage par : JosPublic
Publication : le 29 juin 2013

Ci-dessous: des textes en lien direct avec le sujet:

Notes & Références encyclopédiques:

01
 

À propos l’attitude du politicien français d'extrême droite Jean-Marie Le Pen et de sa fille - Sur Rue 89

 

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02

À propos du massacre de Sharpeville en 1960 - Sur Wikipédia

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03

 
 
 
 
 

L'Apartheid : l'hypocrisie canadienne

Média : Télévision, Émission : Téléjournal.  Date de diffusion : 26 janvier 1989. Invité(s) : Joe Clark, Marc Perron, Youssef Salloje, Waldemer Zastrau. Journalistes  Catherine Bergman, Bernard Derome. Durée : 1 min 57 s

 
 
 
 
 

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04

Jackpot à Sun City - Sur Jeune Afrique, 5 novembre 2008

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05

Qu'est-ce que le Quai d’Orsay en France - Sur Wikipédia

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06

Qui est Ntatho Motlana - Sur Wikipédia en anglais

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