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Nawal El Saadawi
Démocratie de l'Égypte et le voile des femmes:
le diagnostic d'une médecin psychiatre égyptienne

Nawal El Saadawi est une des grandes voix de l’Égypte contemporaine.   Une femme écrivaine reconnue à travers le monde, une femme engagée pour les droits de l’homme et de la femme, et récompensée par de nombreux prix dont le Prix Nord-Sud 2004.   À plus de 80 ans, elle porte un regard incisif et critique sur l’évolution de son pays et se prononce clairement contre le port du voile pour les femmes.  Entretien avec une héroïne de JosPublic

 
 
 

Concours de beauté pour fillettes voilées en Algérie ;
l’impact du voile selon la militante égyptienne Nawal Al-Saadawi

 
 

Le 6 octobre 2016, l’organe de presse algérien en ligne Liberté-Algérie postait un reportage sur « l’étonnant concours réservé aux filles de 7 à 15 ans à Constantine », ces filles devant faire valoir leur beauté physique tout en étant vêtues d’un hijab.

L’auteur dit trouver la démarche ambiguë, les objectifs du voile lui semblant détournés par ce concours auquel sont associés des organismes d’État.

Dans un texte mis en ligne le 10 octobre 2016 sur son blog Savoir ou se faire avoir, Sami Aldeeb, Suisse palestinien spécialiste du droit islamique, présente un résumé de propos tenus pas Nawal Al-Saadawi, intellectuelle égyptienne féministe, sur le voile.  Ce résumé se base sur quatre interventions vidéo en arabe.  Pour Nawal Al-Saadawi, le voile contribue à asservir les femmes dès le plus jeune âge.

Extraits du reportage de Liberté-Algérie
suivis du résumé des opinions de Nawal Al-Saadawi sur le niqab et le hijab

Liberté-Algérie : des institutions et des organismes de l’État associés à un concours de beauté pour fillettes en hijab.

L’Organisation de la société civile dans la wilaya de Constantine a pris une bien étrange initiative.  Elle a lancé, le 25 septembre 2016, les inscriptions pour un concours destiné aux filles âgées de 7 à 15 ans portant obligatoirement le voile.  Justement, l’objet du concours est de se montrer sous son meilleur profil, couverte de la tête aux pieds.  ‘Sa beauté dans son hidjab’

La sélection préliminaire prend fin le 15 octobre et les finalistes seront connues le 25 du même mois.  La cérémonie, qui révèlera le podium, est programmée pour le 5 novembre 2016.

L’événement est surprenant sur au moins deux registres.   N’est-il pas paradoxal d’inciter implicitement des fillettes à porter le voile en misant sur la beauté apparente, et donc physique ?

Dans l’absolu, le port du voile sous-entend la discrétion et l’humilité et non pas un défilé devant un jury, pour ne pas dire une exhibition.

  Est-il juste et recommandable d’entraîner des enfants et de jeunes adolescentes dans une démarche ambiguë ?   Le hic est que des institutions et des organismes de l’État sont associés à cette manifestation. Citons, pêle-mêle, l’APC de Constantine, celle de Hamma Bouziane, une radio locale, la direction des affaires religieuses et des biens wakfs de Constantine, la direction de la culture et une entreprise de prêt-à-porter.

Nawal Al-Saadawi présentée par Sami Aldeeb : le voile est immoral

« (…) Elle dit que les vêtements ont une fonction liée au climat et non à la vertu.  En Afrique, dans les régions chaudes, des hommes et des femmes vont et viennent nus, et personne ne leur demandent pourquoi, et cela n’est pas ressenti comme honteux ou immoral. 

Nawal Al-Saadawi s’oppose à ce que la femme soit couverte et pas l’homme.  Le voile est contre la morale, dit-elle : ‘Si donc je veux être une fille honorable, je n’ai qu’à acheter un voile pour cinquante piastres ou cinquante livres et l’entrée au paradis m’est assurée.  Moi, je veux mériter le paradis par mon comportement, et non grâce à un morceau d’étoffe.’

Certains disent que les femmes portent le voile parce que les hommes ont des désirs sexuels et regardent les femmes avec concupiscence.  Si tel est le cas, c’est l’homme qui doit être voilé, et non la femme, ou il faut lui arracher les yeux.  L’homme a des désirs sexuels, mais la femme aussi. Pourquoi alors ne pas voiler l’homme que la femme pourrait désirer ? Ou la femme est-elle plus forte que l’homme ?  Elle seule peut maîtriser son désir ? 

Voilà une contradiction à laquelle on ne pense jamais.  On rencontre des contradictions chaque jour, mais on ne les voit pas parce que nos yeux sont devenus aveugles.  L’ingéniosité consiste à voir les contradictions que personne ne voit.   Si les femmes se posaient cette question, elles enlèveraient le voile.

Contre l’exhibitionnisme et le voile : dans les deux cas, la femme est transformée en marchandise

S’attardant sur la décision de Jaber Nassar, recteur de l’Université du Caire, qui interdit aux enseignantes et aux employées de l’université d’y pénétrer avec le niqab, elle dit que cette décision est trop formelle et limitée.   En fait, l’État doit interdire le niqab dans toute l’Égypte.  

Le niqab est contraire à la morale.   Des hommes et des femmes se cachent sous le niqab pour commettre des crimes. 

C’est un problème de sécurité.   De même qu’il est interdit de marcher tout nu dans la rue, il doit être interdit de marcher dans la rue entièrement couvert.

Mais qu’en est-il de la liberté individuelle ?   Chaque personne n’a-t-elle pas le droit de choisir ses habits ?

Nawal Al-Saadawi répond que les petites filles, dans les écoles, sont contraintes par le ministère à porter un voile.

Exemple de niquab

On les habitue à porter le voile et, quand elles grandissent, elles continuent à le porter. De plus, les médias disent que le voile est une obligation religieuse.   Peut-on alors parler de liberté individuelle ? La liberté consiste à présenter aux femmes les normes coraniques en faveur du voile et les autres contre le voile.   Une femme saine d’esprit ne choisira alors ni le voile ni le niqab. 

Personne ne choisit l’esclavage sans y être contraint, sans être asservi.

Nawal Al-Saadawi dit être à la fois contre l’exhibitionnisme et le voile (…). Dans les deux cas, la femme est transformée en marchandise.

Le voile n’est pas une question de liberté, mais un symbole politique dangereux de la servitude de la femme. Cela signifie que la femme est un corps sans tête. Pourquoi couvrir la tête de la femme ?   La tête de la femme est sa noblesse.   Nawal Al-Saadawi estime que le voile n’a pas de lien avec les trois religions monothéistes car il est antérieur à ces religions.  Il date du temps de l’esclavage, puis il a été repris par ces religions.  

Le voile s’inscrit dans un système esclavagiste, patriarcal, servant à persécuter la femme. Elle veut que les hommes et les femmes soient soumis aux mêmes normes vestimentaires.   Voilà ce qu’on appelle la liberté.   Mais voiler les femmes et ne pas voiler les hommes, ceci n’est pas la liberté. C’est de la domination et de l’esclavage.

Le visage est l’expression de la dignité. Comment peut-on parler avec une personne qui n’a pas de visage ? L’État devrait interdire le niqab.   ‘Lorsque je vois une femme portant cette tente qu’est le niqab, je ne lui trouve pas de dignité.   Qui n’a pas de visage n’a pas de dignité’.   On ne peut pas dire non plus que le voile est accepté par la société. Sa grand-mère ne portait pas de voile, mais mettait simplement un fichu pour protéger sa tête du soleil et de la poussière, pour des raisons concrètes, sans base religieuse. Le voile a été imposé.

Sadate a amené à l’Égypte les Frères musulmans, l’aide américaine et le voile.   Cela n’a aucun lien avec la religion.   La religion demande seulement de porter des habits décents. De même, en Égypte, le voile ne fait pas partie de la tradition du peuple égyptien, c’est une pratique intruse, tout comme le mouvement des Frères musulmans. »

 
«

Le voile n’est pas une question de liberté, mais un symbole politique dangereux de la servitude de la femme.    - Nawal Al-Saadawi

»
 
 

Révolution égyptienne: état des lieux

 
 
 

5 août 2013 - Un an et demi après la révolution, l’Égypte est-elle sur la voie de la démocratie ?

 
 

Nawal El Saadawi : Nous parlons de démocratie. Mais que signifie exactement le terme « démocratie » ? Pour nous il est assez vague, car ce mot « démocratie » n’existe pas dans la langue arabe, mais nous avons le mot « liberté ».

Durant la révolution égyptienne, nous sommes descendus dans les rues et place Tahrir, contre Hosni Moubarak. Nous voulions la liberté, la justice, la justice économique et sociale et la dignité pour tous, peu importe le sexe, la classe sociale ou la religion.

Place Tahrir - Égypte

Nous étions 20 millions dans les rues, dormant sous les tentes en janvier et en février 2011, et on ne revendiquait pas la démocratie. On revendiquait la liberté, la justice économique et sociale et la dignité pour tous.

«

On peut avoir la démocratie avec de l’inégalité, avec de l’injustice et même avec la guerre et le capitalisme ou encore avec le colonialisme et le système patriarcal  -  Nawal El Saadawi

»

C’est pour ça que je veux être précise sur l’emploi du mot « démocratie ». La révolution égyptienne a été géante. J’ai fait partie de ces gens qui ont dormi la nuit sous tente pour changer le système, Moubarak et tout ça… ( 01 )

 

Que s’est-il passé depuis la révolution ?

 
 

Nawal El Saadawi : Que s’est-il passé ? La révolution a avorté.

Qui a fait avorter la révolution ? Moubarak était hors jeu. Qui soutenait Moubarak ? Les États-Unis, ils donnaient des milliards de dollars à l’armée, à travers ce qu’on appelait l’USAID, corrompant ainsi l’armée, corrompant le système.

L’argent américain, l’aide américaine est facteur de corruption.

Nous avons voulu nous débarrasser de ce système corrompu. Que s’est-il passé ? Les pouvoirs qui soutenaient Moubarak ne voulaient pas que la révolution réussisse. Aussi ils ont allié leurs forces. De qui s’agit-il ?

Des États-Unis et des Frères musulmans.

Vous voyez la contradiction. Les États-Unis et les Frères musulmans ont travaillé ensemble, négocié ensemble, pour passer par-dessus la révolution et la faire échouer. Et ils ont fait avorter la révolution par deux moyens : d’abord les élections. Des élections prématurées, le pays saigne encore, des gens ont été blessés, certains sont morts, il y avait du sang dans les rues, des jeunes gens ont perdu la vue.

Mais Hillary Clinton est venue au Caire en disant, il faut des élections. C’est leur démocratie, les élections. Mais la démocratie ce ne sont pas juste des élections. Il faut d’abord changer le système, pour qu’il soit plus honnête, plus juste, égalitaire, humain, pour qu’il apporte une vraie paix, une vraie démocratie.

Mais c’est précisément ce qu’ils ne voulaient pas.

Hillary Clinton

Nous dans les rues, nous étions unis, 20 millions unis contre Moubarak et son système, c’est pour ça qu’on a réussi à le renverser. Alors ils nous ont divisés au moyen des élections. A la minute où ont démarré les élections en Égypte, les gens ont commencé à se diviser, ils ont été mis en compétition. La compétition, le sang, la violence, la corruption qui a permis d’acheter les votes. Tout cela a permis de faire avorter la révolution. Les élections étaient prématurées car nous n’étions pas prêts pour ces élections.

Nous voulions nous organiser car la révolution n’est pas très créative, elle est surtout spontanée. Après on s’installe et on s’organise. Ils ne nous ont pas laissé le temps de faire cela. Les États-Unis et les Frères musulmans ont fait un deal et les Frères musulmans sont arrivés au pouvoir. Ils ont dit « nous sommes arrivés au pouvoir par les élections », mais ce n’étaient pas des élections libres.

 

Quelle est la place de la femme dans la société égyptienne ?

 
 

Nawal El Saadawi : Depuis la révolution, mais déjà avant la révolution, j’ai beaucoup écrit sur ce thème, de nombreuses fois.

La constitution n’est pas honnête, pas du tout. Mais c’est ainsi dans tous les pays, je ne parle pas seulement de l’Égypte ou de l’Islam. Je parle de cette maladie présente dans le monde, car nous vivons dans un monde unique et nous sommes confrontés à une maladie. Je vous rappelle que je suis médecin et non pas politicienne, alors je dois diagnostiquer cette maladie qui frappe le monde, le système lui-même.

La charia en fait partie, la religion en fait partie.
La religion est une idéologie politique. Ce n’est pas une cour de justice morale. La religion est faite par des êtres humains, par les hommes, le patriarcat, les classes sociales. On trouve tout ça dans la religion.

Nous avons fait de nombreuses et grandes manifestations en Égypte contre les Frères musulmans, contre l’islamisation de l’Égypte, et nous avons dénoncé la constitution. Car un comité sans femmes a commencé à rédiger la constitution et ils ont introduit la charia.

Nous avons dit que le pays ne devait pas avoir de religion, ça devait être un pays pour tous, pour les chrétiens, les musulmans, les hommes, les femmes, pour tous.

Mais les Frères musulmans soutenus par les Américains, voulaient la charia.

En Europe on ne le sait pas. En Europe, on pense que les États-Unis sont opposés à l’islamisation.

D’habitude je dis, Georges Bush et Ben Laden sont jumeaux.

Le 4 octobre 2012, les femmes ont organisé une grande manifestation. Nous avons dit que les femmes sont la moitié de l’Égypte et que nous devons être représentées à parité partout, au gouvernement, au parlement, dans la société. Partout les femmes doivent être présentes à 50%.

Et il doit y avoir une complète séparation de l’église et de l’état. Comme je vous le disais, nous vivons dans un seul monde.

L’Égypte fait partie de l’Europe, des États-Unis, nous vivons ensemble, et nous souffrons des décisions prises par l’Union européenne, par le gouvernement américain, par le gouvernement égyptien. Le global est local, nous utilisons un mot pour ça, le « glocal ».

Ça nous rapproche. J’espère que la prochaine manifestation au Caire va réussir, même si les autorités ne vont pas l’autoriser. Car le pouvoir est puissant, et les États-Unis ne veulent pas perdre l’Égypte à cause d’Israël.

 

Comment faire évoluer les mentalités ?

 
 

Nawal El Saadawi : Pour faire évoluer les esprits, il faut l’éducation. La démocratie commence dans l’enfance à la maison. La démocratie ce n’est pas une décision prise au parlement qui se décrète un jour.

La démocratie c’est un art de vivre. Dès l’enfance, je dois être éduquée pour comprendre et respecter l’égalité, avec mon frère, ma soeur, les gens qui travaillent pour moi. Je dois être un être humain dès l’enfance.

Mais parce que le système est malade et inégalitaire, et qu’il existe une oppression sexuelle, une oppression de classe, les enfants sont contaminés par de très mauvaises valeurs contraires à la démocratie.

C’est pour ça qu’ils ne peuvent pas être démocratiques de façon soudaine, juste en allant aux urnes. C’est un apprentissage. Il faut éduquer les enfants, comment respecter l’égalité pour que ça coule dans leurs veines. Mais ce n’est pas ce qui se passe. Le système éducatif sert le système politique.

 

La rumeur prétend que vous pourriez obtenir le prix Nobel de littérature ?

 
 

Nawal El Saadawi : La rumeur, je rigole, je ne suis pas pour les rumeurs. Si on parle de justice, j’aurais dû avoir ce prix, il y a déjà 30 ans. J’ai écrit 47 livres traduits dans plus d’une trentaine de langues à travers le monde.

Mes livres ont changé la vie de cinq générations en Égypte et dans le monde arabe. Et dans d’autres pays, même aux États-Unis.

Aux États-Unis, j’enseigne aux enseignants, pas aux enfants. Et les enseignants, les professeurs, là-bas m’ont dit que mes livres ont changé leur vie. C’est pour ça qu’ils m’invitent à leurs séminaires. C’est pour ça que je pense que je le mérite ce prix, s’il y a une justice.

Sources: Arte Journal est détenu à 50% par Arte France (France Télévision 45%, État français 25%, Radio France 15% et INA 15%); Liberté-Algérie.

Choix de photos, mise en page, références et titrage par : JosPublic
Mise à jour le 10 octobre 2016

 

Ci-dessous: des textes en lien direct avec le sujet:

 

Notes & Références encyclopédiques:

01
 

Chronologie de la chute de Moubarak

JANVIER 2011

25 : Début des manifestations qui mobilisent des milliers de personnes. Elles ont été précédées de plusieurs cas d’immolation, gestes rappelant celui d’un Tunisien qui avait déclenché la révolte ayant conduit à la chute de Zine El Abidine Ben Ali.

26 : Des milliers de manifestants dans les rues malgré l’interdiction des autorités. La police fait usage de gaz lacrymogènes, de matraques et même de pierres. Les protestataires jettent des pierres sur les forces anti-émeutes.

27 : Au moins un millier de personnes arrêtées (officiel). L’opposant Mohamed ElBaradei revient au Caire et se dit prêt à mener la transition.

28 : Des manifestations massives dégénèrent en émeutes: au moins 62 morts dans des heurts manifestants-policiers.

Hosni Moubarak demande à l’armée de faire respecter la sécurité et d’appliquer le couvre-feu au Caire, à Alexandrie et Suez.

Incendies au siège du parti au pouvoir et dans de nombreux commissariats. Nuit marquée par des pillages.

29 : Au moins 33 morts dans des heurts. A Rafah et Ismaïliya, les sièges de la Sûreté de l’Etat attaqués, émeutes dans des prisons.

Hosni Moubarak nomme un nouveau Premier ministre, le général Ahmad Chafic, et crée un poste de vice-président, octroyé au chef des Renseignements, le général Omar Souleimane.

30 : Des milliers de manifestants au Caire. L’armée boucle le centre-ville avec des chars d’assaut, des avions de chasse survolent la capitale à basse altitude.

31 : Hosni Moubarak forme un nouveau gouvernement. Au ministère de l’Intérieur, Habib el-Adli est remplacé par Mahmoud Wagdi.

L’armée s’engage à ne pas faire usage de la force, jugeant les revendications du peuple "légitimes".

FEVRIER

1er : Plus d’un million de manifestants dans le pays.

Hosni Moubarak annonce qu’il ne sera pas candidat à la présidentielle. Les manifestants exigent son départ immédiat.

2-3 : Des heurts sanglants éclatent place Tahrir, lorsque des partisans de M. Moubarak font irruption. Les manifestants antigouvernementaux repoussent leurs assaillants. Onze morts et 915 blessés.

4  : Des centaines de milliers d’Egyptiens dans les rues, à l’occasion d’une mobilisation baptisée "vendredi du départ".

5 : Démission du bureau exécutif du Parti national démocrate (PND), dont fait partie le fils de Moubarak, Gamal.

6 : Les Frères musulmans se joignent à un dialogue politique national, avec d’autres groupes d’opposition, mais dénoncent l’insuffisance des réformes proposées.

7 : Moubarak promet une hausse des salaires et décide d’une commission d’enquête sur les violences.

8 : Des centaines de milliers de personnes défilent au Caire et en province, manifestations les plus importantes depuis le début du mouvement. Moubarak forme une commission pour amender la Constitution.

9 : Des violences sanglantes touchent le Sud reculé. Des centaines de manifestants encerclent le Parlement et le siège du gouvernement au Caire. Le pouvoir avertit que l’armée interviendra "en cas de chaos pour reprendre les choses en main".

10 : Hosni Moubarak annonce qu’il délègue ses prérogatives au vice-président tout en s’accrochant au pouvoir, déclenchant la fureur des manifestants. Le président américain Barack Obama juge que ce transfert de pouvoirs n’est pas "suffisant".

11 : Plus d’un million de manifestants dans toute l’Égypte. Le président Moubarak quitte ses fonctions et remet le pouvoir à l’armée, provoquant une explosion de joie dans le pays.

 

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