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Une carrière brisée, mais le vice-amiral Mark NORMAN
sera bientôt décoré comme «lanceur d’alerte»

La cheffe du Bloc québécois, Martine Ouellet, a annoncé cette semaine qu’elle remettra prochainement la médaille de l’Assemblée nationale au vice-amiral Mark Norman, en guise de reconnaissance pour avoir tiré la sonnette d’alarme en 2015 alors qu’il était vice-chef d’état-major lorsque le gouvernement Trudeau hésitait à confirmer le contrat octroyé par le gouvernement précédent au chantier naval Davie, pour la conversion du navire marchand Astérix en navire de ravitaillement.

 

Le Vice-amiral Mark Norman

 
 

La Gendarmerie royale du Canada (GRC) allègue que le vice-amiral Mark Norman a violé le Code criminel en coulant des informations confidentielles à des dirigeants de Chantier Davie, qui s’inquiétait du retard d’Ottawa dans l’approbation finale du Projet Resolve, prévoyant la conversion d’un navire marchand en ravitailleur pour la Marine royale canadienne.

Or, un an après que le chef d’état-major de la Défense, le général Jonathan Vance eut relevé de ses fonctions son numéro 1, le vice-chef d’état-major de la Défense, le vice-amiral Mark Norman, aucune résolution de la situation n’est encore à l’horizon et le vice-amiral Norman n’est toujours officiellement accusé de rien du tout.

Pour Martine Ouellet, qui ne croit pas en ces accusations, le vice-amiral semble tout simplement «faire l’objet de représailles parce qu’il s’est tenu debout».

La femme politique québécoise, qui voit en Mark Norman un lanceur d’alerte, considère qu’il a eu raison d’attirer l’attention sur ce contrat que le gouvernement Trudeau voulait remettre en question alors que la Marine royale canadienne avait grandement besoin de navires de ravitaillement pour remplir ses obligations et que les échéanciers pour la construction de nouveaux navires semblaient de plus en plus lointains.

Martine Ouellet qui, tout en œuvrant sur la scène fédérale comme cheffe du Bloc québécois, est aussi députée indépendante à l’Assemblée nationale du Québec, a fait cette annonce alors qu’elle tenait un point de presse en compagnie d’Ann Gingras, présidente du Conseil central de Québec Chaudière-Appalaches (CSN), à l’occasion de la visite du premier ministre Justin Trudeau à Québec pour presser le chef du gouvernement canadien d’accorder la construction du navire de ravitaillement Obélix et avec le projet de constructions des brise-glaces «en attendant que soit réparée l’injustice flagrante qui a été commise dans le cadre de l’octroi des contrats de la stratégie maritime du Canada évaluée à 100 milliards $: moins de 1 % au Québec au lieu des 23 % qui auraient dû lui revenir».

Prix de consolation, on apprend qu’Ottawa tendra au moins une bouée de sauvetage au chantier Davie qui se verrait confier la restauration de quatre brise-glace.  

Le porte-parole du chantier Davie, Frédérik Boisvert, parlait sur les ondes de RDI d’espoir et de «l’amorce d’une nouvelle relation entre le Chantier Davie et le gouvernement du Canada».

Vice-amiral Mark Norman et  David Lloyd Johnston gouverneur général du Canada

La souveraineté du Canada compromise selon le sénateur libéral Colin Kenny

Par ailleurs, dans une lettre à l’intention du gouvernement Trudeau, le sénateur Colin Kenny , reconnu pour son expertise en matière de défense, affirme que le Canada ne pourra assurer adéquatement la défense de sa souveraineté dans les eaux de l’ Atlantique et du Pacifique au cours de la prochaine décennie alors que la Marine royale canadienne (MRC) n’a actuellement à sa disposition qu’un seul navire de ravitaillement – l’Astérix, construit par la Davie – , tandis que le chantier naval Seaspan de Vancouver ne pourra livrer les deux navires que lui a commandés Ottawa en 2011 pas avant 2026 ou 2028.

La location de navires étrangers n’apparaît pas non plus à ses yeux comme adéquate:

Le navire de soutien militaire de la classe Resolve, l' Asterix devient le navire-mère de la Marine royale canadienne - 26 décembre 2017

«Sans nos propres ravitailleurs, le seul soulagement immédiat était de quêter à d’autres pays et de tenter de louer ce que nous avons perdu.  Nous n’avons réussi qu’à obtenir des locations de 40 jours du Chili (Pacifique) en 2015 et de 40 jours de l’Espagne (Atlantique) en 2016. Ce soutien anémique en ravitaillement (80 jours sur 2190 jours opérationnels) a empêché le gouvernement de déployer un groupe opérationnel naval et de soutenir les opérations à l’étranger pendant la majeure partie des trois dernières années».

Il presse le gouvernement de confier au chantier naval Davie la construction de trois autres navires de ravitaillement, à un prix fixe, de manière que le Canada puisse avoir deux de ces navires sur chacune des deux côtes d’ici 2019 et deux autres navires supplémentaires trois ans plus tard.

«Le gouvernement doit prendre des mesures décisives et faire construire les trois prochains navires ravitailleurs au chantier naval Davie et permettre à Seaspan de poursuivre la construction de brise-glaces de classe polaire pour la Garde côtière canadienne. Cela protégera les emplois de Seaspan tout en offrant au Canada la capacité de réapprovisionner efficacement la flotte navale au cours des 40 prochaines années. De plus, cela permettra aux contribuables d’économiser des milliards de dollars et de réduire les risques pour les Canadiens en veillant à ce que la Marine dispose des navires ravitailleurs dont elle a besoin le plus rapidement possible», affirme le sénateur dans sa lettre.

 

Colin Kenny, sénateur canadien

 
 

Lettre
La Stratégie nationale de construction navale :
une entrave à nos flottes de l’Atlantique et du Pacifique
Le Canada a de sérieux problèmes

 

En 2014, le Canada a perdu ses deux derniers navires ravitailleurs : le NCSM Protector et le NCSM Preserver.  Le premier à la suite d’un incendie et le second en raison d’une corrosion avancée.  Par conséquent, au cours des trois dernières années, la Marine a été incapable de déployer efficacement une force opérationnelle et sa capacité à protéger nos côtes a été limitée.

La perte de ces deux navires ravitailleurs réduit les options de mission, restreint le rayon d’action des navires de guerre de la marine et érode les compétences.  Sans capacité de réapprovisionnement et de ravitaillement, la Marine est incapable de faire ce que le gouvernement a besoin d’accomplir. Cela inclut la protection de nos exportations, la prévention de la contrebande, l’apport d’aide humanitaire et de secours en cas de catastrophes, l’application des lois nationales, la projection de la force canadienne et le soutien de nos alliés.

Une marine moins agile et moins puissante signifie que le gouvernement ne peut protéger efficacement le Canada, un pays fortement tributaire du commerce, contre les menaces en provenance du domaine maritime.

Après avoir perdu le Preserver et le Protector et après avoir été laissé sans solution alternative, même le sous-lieutenant le moins expérimenté de la Marine royale canadienne vous dira que le Canada a besoin de quatre navires ravitailleurs : deux sur chaque côte.  Avoir quatre navires ravitailleurs fournit le tampon nécessaire pour l’entretien requis, la formation et les accidents imprévus afin qu’au moins un navire soit toujours disponible sur le Pacifique et l’Atlantique pour soutenir une force navale digne de ce nom.

Au printemps dernier, les comités de la défense du Sénat et de la Chambre des communes se sont penchés sur l’écart de capacité navale existant en ce qui concerne les navires de soutien interarmées et ont convenu à l’unanimité que cela devait être réglé – Maintenant.

Alors, comment notre gouvernement a-t-il réagi face à cette situation ?

Location auprès d’autres pays

Sans nos propres ravitailleurs, le seul soulagement immédiat était de quêter à d’autres pays et de tenter de louer ce qu nous avions perdu.  Nous n’avons réussi à obtenir que des locations de 40 jours du Chili (Pacifique) en 2015 et de 40 jours de l’Espagne (Atlantique) en 2016.  Ce soutien anémique en ravitaillement (80 sur 2190 jours opérationnels) a empêché le gouvernement de déployer un groupe opérationnel naval et de soutenir les opérations à l’étranger pendant la majeure partie des trois dernières années.

Construire de nouveaux navires de soutien interarmées

Seaspan, établie à Vancouver, attend un contrat pour la construction de deux navires de soutien interarmées, mais trois enjeux subsistent : le calendrier, les coûts et la conformité.

Calendrier : le 7 novembre 2017, Andy Smith, sous-commissaire de la Garde côtière canadienne, a confirmé devant un comité parlementaire que Seaspan ne terminerait pas ses quatre premiers navires pour la Garde côtière avant 2023, et seulement alors commencera la construction des navires de ravitaillement.  Ces nouveaux navires ravitailleurs ne se joindront pas à la flotte fédérale avant 2026 et 2028, ce qui signifie que le Canada connaîtra dix autres années de risque sans que la marine puisse protéger efficacement les Canadiens.

Coûts : le gouvernement a mis de côté 2,6 milliards de dollars pour les nouveaux navires de soutien interarmées, mais comme pour les navires de patrouille extracôtiers et de l’Arctique, il n’existe aucun mécanisme tel que les contrats à prix fixe pour contrôler les dépenses.  Le Bureau du directeur parlementaire du budget, dont les estimations s’avèrent souvent meilleures que celles du gouvernement, a indiqué que les coûts seraient probablement aussi élevés que 4,13 milliards de dollars si les deux navires devaient être construits par Seaspan comme prévu.  C’est un prix stupéfiant étant donné que la Davie vient de terminer la construction d’un navire plus performant pour le quart du prix et offre d’en construire d’autres avec des contrats à prix fixe.

 Conformité : en plus de tout cela, Seaspan utilise un design allemand de plus de 26 ans (pourquoi si vieux? ) qui, présentement, ne répond pas aux normes d’interopérabilité de l’OTAN.  Ils peuvent certainement trouver un design plus moderne qui respecte tous les accords de l’OTAN.

 

Location de navires ravitailleurs intérimaires

En 2015, le gouvernement a accepté une proposition de Davie, un chantier naval de la région de Québec, de fournir au Canada un navire ravitailleur, le MV Astérix, un navire de 26 000 tonnes qui répond à toutes les exigences du gouvernement, de la Marine et de l’OTAN.

Le gouvernement a choisi de louer le navire pendant cinq ans au coût de 650 millions de dollars, y compris les coûts d’exploitation tel que l’équipage, les frais portuaires, les permis et les assurances, plutôt que de l’acquérir pour 659 millions de dollars.

Dans les semaines à venir, l’Astérix se soumettra à une batterie de tests avec la Marine, mais ce n’est qu’un quart de la solution.  La marine a besoin de quatre navires de soutien et non pas un seul, comme l’histoire l’a démontré.

Combler les lacunes de la capacité navale de manière responsable

Depuis l’implantation de la Stratégie nationale de construction navale, Davie est le premier chantier naval au Canada à livrer un navire à la Marine dans les délais et le budget prévus et sans aucune subvention, contrairement aux 500 millions de dollars accordés à Seaspan et Irving pour l’amélioration de leurs installations.  Contre un prix fixe, le gouvernement pourrait acquérir de la Davie les quatre navires de ravitaillement dont la Marine a besoin pour les 2,6 milliards de dollars mis de côté, et avoir un navire ravitailleur sur chacune des deux côtes d’ici 2019 de même que les deux autres navires ravitailleurs trois ans plus tard.

C’est une meilleure option au lieu de dépenser deux fois plus pour deux navires avec un design vieux de 26 ans qui ne seront disponibles que dans dix ans.

De plus, il y a un véritable manque de capacités qui crée un risque sécuritaire inacceptable pour les Canadiens.  La réalité choquante est que le ministre de la Défense n’a pas réussi à trouver une solution afin d’éviter que les deux flottes de l’Atlantique et du Pacifique ne soient dysfonctionnelles pour les dix prochaines années à cause d’une incapacité de réapprovisionnement chronique et d’une absence d’un plan de secours.

Le gouvernement doit prendre des mesures décisives et faire construire les trois prochains navires ravitailleurs au chantier naval de Davie et permettre à Seaspan de poursuivre la construction du brise-glace de classe polaire pour la Garde côtière canadienne.  Cela protégera les emplois de Seaspan tout en offrant au Canada la capacité de réapprovisionner efficacement sa flotte navale au cours des 40 prochaines années. De plus, cela permettra aux contribuables d’économiser des milliards de dollars et de réduire les risques pour les Canadiens en veillant à ce que la Marine dispose des navires ravitailleurs dont elle a besoin le plus rapidement possible.

Si le ministre faisait son travail, il présenterait un plan semblable à celui-ci au Cabinet avant que le Parlement ne reprenne ses travaux plus tard ce mois-ci.

 

Discours de mobilisation des marins par le Vice-amiral Mark Norman

Source: 45ième Nord

Choix de photos, choix de texte, mise en page, références et titrage par : JosPublic
Mise à jour le 31 janvier 2018

  Sylvie Therrien, Lanceuse d'alerte

L'homme qui a sauvé le monde en ne faisant absolument rien

Héros et Héroïnes de JosPublic

 

Notes & Références encyclopédiques:

aucune résolution de la situation n'est à l'horizon...

 

Un an jour pour jour après que le chef d’état-major de la Défense, le général Jonathan Vance eut relevé de ses fonctions son numéro 1, le vice-chef d’état-major de la Défense, le vice-amiral Mark Norman, après des allégations de secrets divulgués, aucune résolution de la situation n’est encore à l’horizon. - Sur 45e Nord, le 9 janvier 2018

 

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le sénateur Colin Kenny affirme que le Canada ne pourra assurer adéquatement la défense de sa souveraineté...

 

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qui s'inquiétait du retard d'Ottawa dans l'approbation finale...

 

Ottawa met un frein au projet Resolve du chantier naval Davie - Sur Société CBC/Radio-Canada, le 20 novembre 2015

 

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