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Reza Tehrani-Cohen, président-directeur général de l'institut technique Aviron
Reza Tehrani-Cohen, fraudeur fiscal
Vincent Tehrani-Cohen est le propriétaire de l'Institut technique Aviron de Montréal Inc.

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Reza Tehrani-Cohen, le président-directeur général
de l’Institut technique Aviron de Montréal, serait-il un fraudeur fiscal?

La Gendarmerie Royale du Canada a effectué le 23 avril 2015 une perquisition à l'école technique Aviron. Personne n'a toutefois été arrêté.   «Il s'agit d'une perquisition en cours d'enquête menée par notre division des délits commerciaux. Neuf autres perquisitions sont également effectuées aujourd'hui dans le cadre de cette opération. L'enquête est loin d'être terminée», a déclaré la caporale Camille

Ben coudonc, les tuiles s’accumulent pour le propriétaire de l’Institut technique Aviron.  Un enlèvement, des accusations de fraude et des problèmes avec le fisc.  Devons-nous y voir une suite de malheurs accablant un gestionnaire probe à la solde d'un propriétaire appliquant les règles de l'art en éthique des affaires ?  Et bien non, puisqu'il a plaidé coupable après avoir tenté d'acheter tout fonctionnaire disposé à vendre sa conscience.  Finalement il jouira de ses millions avec une sentence bonbon...  Comment les juges peuvent-t-il se regarder dans le miroir de leur classe sociale sans haut l'coeur?
                                                                                                                    - JosPublic

 
 

Pots-de-vin à l'ARC: prison à domicile pour un homme d'affaires corrompu
21 juillet 2019

 
 

Piégé par un fonctionnaire corrompu de l'Agence du revenu du Canada (ARC) devenu agent d'infiltration, Reza Tehrani, ancien propriétaire de l'Institut technique Aviron de Montréal, reconnaît avoir versé de nombreux pots-de-vin pour éviter des millions de dollars d'impôts.  Malgré la gravité des crimes, il écope d'une « clémente » peine de 14 mois de prison dans sa résidence cossue

L'homme d'affaires de 61 ans a plaidé coupable en juin 2019 au palais de justice de Montréal à plusieurs chefs de corruption de fonctionnaire, de fraudes envers le gouvernement et de complot pour des crimes commis en 2005, en 2006 et en 2011.  

Reza Tehrani fait partie d'une dizaine de personnes accusées depuis 2012 dans le projet Coche de la Gendarmerie royale du Canada (GRC) sur la corruption de fonctionnaires à l'ARC.

Le résumé des faits présenté en cour lève le voile sur les multiples tentatives de corruption de Reza Tehrani et l'audacieuse opération d'infiltration pour le piéger.  Au coeur de cette opération, le fonctionnaire Jean-Guy Ouellet.  Approché en 2005 par un collègue de l'ARC, également accusé de corruption, il exige 10 000 $ pour accélérer le versement d'un crédit de recherche et développement de 145 000 $ à l'entreprise 2M Automation, détenue par Reza Tehrani et sa conjointe, Liora Suissa.

Mais la direction de l'ARC bloque le versement, puisqu'un litige judiciaire gèle le crédit.  Une fois le montant versé dans les règles à l'été 2006, Reza Tehrani donne 10 000 $ en argent comptant et un téléviseur à écran plat à Jean-Guy Ouellet pour « son aide dans sa tentative d'accélérer [fast track] le paiement du crédit ».

Informateur

Trois ans plus tard, Jean-Guy Ouellet devient informateur pour la police fédérale.  

Il dénonce ainsi de nombreux individus soupçonnés de corruption à l'ARC.

Devenu retraité, l'ex-fonctionnaire corrompu devient agent civil de la GRC en 2011 et accepte de participer à des opérations d'infiltration pour obtenir des « confessions » de Reza Tehrani.

Muni d'un dispositif d'enregistrement caché, Jean-Guy Ouellet approche son ancien complice qu'il n'a pas vu depuis deux ans et demi.  « Est-ce que t'accepterais un travail comme avant ? », lui propose Reza Tehrani.  « Non, j'attends une offre de vous, là ; vous me trouvez quelque chose », rétorque l'agent de la GRC, selon un document de la cour.

L'homme d'affaires évoque ses problèmes actuels d'impôts auprès de Jean-Guy Ouellet, qui prétend avoir des alliés au sein de l'ARC.  Ils échafaudent ensuite un plan pour se débarrasser de ces « problèmes » en payant des fonctionnaires. 

Au cours de sept rencontres en juin et en juillet 2011, Reza Tehrani accepte de payer 60 000 $ à l'agent d'infiltration et à deux fonctionnaires fictifs pour éluder environ 3 millions$ d'impôts pour lui, son frère et ses entreprises L.R. PrintSol et l'Institut technique Aviron.  L'homme d'affaires verse 6 000 $ en « dépôt » pour amorcer le plan fictif.

Deux jours plus tard, Reza Tehrani offre 120 000 $ en pot-de-vin à son complice

Ce dernier enregistre toujours leurs conversations et entend bien que Tehrani offre un pot de vin aux fonctionnaires fictifs en échange d'un remboursement d'impôt de 370 000 $ pour deux de ses entreprises.  

Il verse alors un autre « dépôt » de 10 000 $ à M. Ouellet.

Également accusée dans cette affaire, Liora Suissa s'en sort indemne.

Liora Suissa

Les accusations portées contre elles ont fait l'objet d'un arrêt conditionnel à la demande de la poursuite.

« Peine particulièrement clémente »

Reza Tehrani a été condamné à 14 mois d'emprisonnement avec sursis à purger dans la collectivité, le 18 juin 2019.  Pour la première moitié de sa peine, il devra rester en tout temps dans sa résidence cossue de Côte-Saint-Luc, évaluée à 1,7 million$.  Un couvre-feu lui sera ensuite imposé.  Il pourra toutefois conserver un emploi légitime chez L.R. PrintSol ou à l'Institut technique Aviron, maintenant détenu par son frère Vincent Tehrani.

« Je reconnais que la peine est particulièrement clémente considérant la nature des crimes. Mais je prends en considération qu'il n'y a pas eu de perte pour l'ARC, malgré les intentions répréhensibles », a indiqué la juge Lori Renée Weitzman, en entérinant la suggestion commune de la procureure de la Couronne fédérale, Me Anne-Marie Manoukian, et de l'avocat de la défense, Me Anastasios Paraskevopoulos.

La juge précise toutefois que la « clémence » de la peine n'est pas son « opinion », puisque la loi a changé depuis que les crimes ont été commis.  Ceux-ci ne sont maintenant plus admissibles aux peines avec sursis.  La juge relève aussi dans sa décision l'absence d'antécédents judiciaires de M. Tehrani et ses « remords ».

 
 
 

Économie ou fraude d'impôt

 
 

Un homme d’affaires montréalais enlevé en 2010 et accusé de fraude en 2012 veut faire annuler des transactions immobilières qui devaient lui permettre d’économiser une fortune en impôts, mais qui l’ont plutôt mis dans le pétrin avec le fisc.

Reza Tehrani-Cohen, sa mère et sa femme s’adressent à la Cour pour faire annuler une série de ventes à 1 $ de propriétés sur l’île de Montréal par la mère de Tehrani. Les ventes étaient faites à des fiducies familiales.

Ces transactions, qui visaient à faire économiser de l’impôt à la famille Tehrani, ont mené à des cotisations additionnelles au fisc de 5,4 millions $.

Le frère de Reza Tehrani-Cohen, Vincent est le propriétaire de l’Institut technique Aviron à Ville-Mont-Royal ( 01 ). Reza en est le président-directeur général et il a déjà défrayé la chronique après avoir été enlevé par de mystérieux ravisseurs, en 2010, puis retrouvé 24 heures plus tard dans la couronne nord de Montréal.

Il a aussi été accusé de 13 chefs d’accusation en 2012 dans une présumée affaire de fraude et de corruption de fonctionnaires à l’Agence du revenu du Canada (ARC).  En mai, il a été acquitté de quatre chefs de fraude relativement à la faillite de compagnies mises sur pied pour son frère.

Selon la requête, déposée en mars, Reza Tehrani-Cohen a orchestré, à l’été 2012, des transactions immobilières pour le compte de sa mère, âgée de 77 ans, afin d’éviter d’avoir à payer de l’impôt à sa mort.

«M. Tehrani avait été informé qu’en raison des règles fiscales fédérales et provinciales, la mort de sa mère entraînerait la disposition réputée (des propriétés qu’elle possède), ce qui aurait mené à la taxation immédiate de tout gain en capital obtenu depuis son achat des propriétés», explique la requête.

Stratagème fiscal

Jacques Matte ( 02 )

Inquiet, Tehrani se serait adressé en 2011 à son avocat Donald Kattan, qui l’aurait envoyé à Jacques Matte, un autre avocat «dont le bureau était situé au même étage que celui de Me Kattan», à Westmount.  Il l’aurait présenté comme un «expert en planification fiscale».

Matte lui aurait dit de vendre pour 1 $ les propriétés de sa mère à des fiducies familiales de manière à retarder le paiement de l’impôt au moment de la vente des propriétés par les fiducies.

André Roland Comeau

L’Agence du revenu du Canada n’a pas accepté ce stratagème et a émis en 2013 des avis de cotisation pour des montants totalisant 5,4 millions $ concernant 16 transactions immobilières.

Jacques Matte a été arrêté par la Sûreté du Québec en mars 2012 avec André Roland Comeau un autre avocat et un comptable pour avoir aidé un client à cacher près de 13 millions $ au fisc grâce à un stratagème de sociétés fictives à l’étranger. Il purge en ce moment une peine de 36 mois de prison.

«Ni M. Tehrani ni (sa mère) n’auraient accepté de tels transferts et la structure fiscale proposée par M. Matte s’ils avaient su ou été avisés des conséquences réelles de procéder ainsi», dit la requête. 

 
 

Un directeur d'école victime d'enlèvement malmené par une avocate

 
 

Le 26 mars 2014 - Le fils aîné de Vito Rizzuto, Nick Rizzuto Jr, a rencontré le président-directeur général de l'Institut technique Aviron de Mont-Royal, Reza Tehrani, à la suite de la saisie d'une somme de 800 000 $ à New York à l'automne 2009.

Ces révélations étonnantes ont été faites hier au procès d'un certain Marc Fadoul, accusé d'avoir enlevé, séquestré et battu à l'automne 2010 le propriétaire de cette école de métiers reconnue.

M. Tehrani témoigne en tant que victime, mais il est malmené par un barrage de questions serrées de l'avocate de la défense, Me Valérie Knafo.

Le 1er novembre 2010, il a été enlevé par des individus déguisés en policiers alors qu'il sortait de son école de l'avenue Royalmount.

On l'a ensuite amené dans une maison abandonnée au nord de Montréal, où il a été battu et séquestré durant 24 heures avant d'être libéré. ( 03 )

À l'ouverture de son témoignage, il a expliqué qu'il a été enlevé après avoir tenté de régler un conflit entre un ami de sa famille, Michael Cohen, et l'un de ses employés. Mais l'avocate de la défense a plutôt fait un lien entre son enlèvement, celui de son frère, Mehdi, survenu un an plus tôt, et la saisie d'une somme de 800 000 $ par la Drug Enforcement Administration (DEA) dans une chambre d'hôtel de New York, quelques semaines avant l'enlèvement de son frère.

LA MAFIA S'EN MÊLE

Reza Tehrani a avoué avoir envoyé à New York l'un de ses employés, Justin Plamondon, pour garder une valise contenant 800 000 $. L'argent liquide était destiné à une connaissance qui voulait s'acheter une voiture de luxe avec cette somme. Mais celle-ci a été saisie par les policiers américains, et Plamondon n'a pas été accusé.

« Après cette saisie, avez-vous eu des problèmes avec la mafia italienne et des appels de personnes importantes ? », a demandé Me Knafo au témoin. « Oui, Nick Rizzuto m'a appelé, il voulait me rencontrer. Nous étions quatre à la table », a répondu Reza Tehrani, selon qui les deux autres personnes présentes se prénommaient Tony et David. M. Tehrani a nié avoir reçu des menaces et que Rizzuto lui ait demandé de rembourser la moitié de la somme. « Non, il a été très raisonnable. Il voulait savoir si l'argent avait été saisi », a-t-il dit.

Nick Rizzuto Jr a été assassiné quelques semaines plus tard, à Montréal.

 

Sources: Journal de Québec et Journal de Montréal pour Québecor inc.; La Presse/Gesca pour Power Corporation du Canada inc. et  Fiducie de soutien à La Presse

Choix de photos, fusion de textes, mise en page, références et titrage par : JosPublic
Mise à jour le 21 juillet 2019

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