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Alerte à la grippe aviaire en France
1 000 oies et 14 000 canards abattus en Dordogne, les éleveurs atterrés

La tension monte en France au sujet de la grippe aviaire.  Plusieurs cas ont été détectés dans des élevages de Dordogne depuis le 21 novembre 2015.  C’est la première fois depuis 2007 que des cas de H5N1 se produisent.  «Afin de protéger et limiter la propagation de la maladie à d'autres élevages d'espèces sensibles, les services du ministère de l'Agriculture procèdent actuellement à l'abattage de l'ensemble des animaux des élevages concernés et ont décidé la mise en place de mesures de biosécurité dans tout le département», explique le ministère.  Premier impact pour les éleveurs, la Corée du sud a interdit l'importation de volaille française.  Certains produits se retrouvent en magasin au Canada. Ce dernier ne s'est pas encore prononcé!

 

 
 

La grippe aviaire vient à nouveau d'être détectée en France

 
 

Le 24 novembre 2015, la grippe aviaire a fait sa réapparition en Dordogne, dans une basse cour de Biras. La première fois depuis 2007.  Le Ministère de l'agriculture a annoncé deux nouveaux cas.  Le premier a été découvert dans un élevage de canards de Saint-Paul-la-roche où 14 000 canards ont été euthanasiés et un millier d'oies dans le second élevage dans le secteur de Domme

Dans les trois zones concernées, des mesures de confinement ont été prises afin d'éviter toute propagation de l'épidémie.  Ces cas posent de nombreuses interrogations : des épidémiologistes nationaux vont être dépêchés en Dordogne.

Comme l'a souligné le préfet Christophe Bay, au cours d'une conférence de presse, «la priorité est d'éviter toute propagation de l'épidémie», notamment par des mesures strictes de confinement.  Le plan d'urgence comporte tout un tas de mesures pour prévenir des risques sanitaires : détermination d'un périmètre de 3 km de zone de protection et de 7 kilomètres de zone de surveillance autour des trois lieux concernés, mise en place de mesures de bio sécurité dans les exploitations.

Dans les trois zones concernées, sont réglementés tous les mouvements de personnes et d’animaux et sont interdits le transport et de tous les animaux et des produits qui en sont issus (œufs, foie gras etc.) y compris sur les foires et marchés locaux ainsi que les expositions.  Elles vont durer 21 jours dans les zones de surveillance, et 30 jours dans la zone de protection.

Au total 70 exploitations sont concernées par les mesures de confinement absolu.  Pour l'instant, ces mesures ne concernent pas l'ensemble de la Dordogne.

 
 

Le Virus influenza aviaire est-il transmissible d’homme à homme ?

 
 

Oui mais ! une transmission secondaire d’homme à homme est possible mais reste exceptionnelle.  On parle de 3 cas intra-familiaux documentés aux Pays-Bas au printemps 2003 avec le virus A (H7/N7).  Selon l’OMS, à la date du 05 août 2005, il n’existe pas de preuve irréfutable d’une transmission inter humaine significative en Asie.

Le H5N1 ne se transmet à l'homme que dans des circonstances exceptionnelles, explique le Pr François Bricaire, infectiologue à l'hôpital La Pitié-Salpêtrière à Paris.  Le risque concerne seulement des «personnes qui vraiment s'occupent des oiseaux, les tuent ou les plument». Est-ce une pandémie grippale?

Pas de risque sur la consommation

Ces trois cas de grippe aviaire tombent au plus mauvais moment, à la veille des fêtes de fin d'année, dans une filière agricole qui ne se portait pour l'instant pas trop mal et qui avait de vraies perspectives de développement. Et les conséquences risquent d'être principalement économiques pour l'ensemble des éleveurs et commerçants, en cette période.

Si le préfet de la Dordogne a qualifié la situation sanitaire de "sérieuse", il veut rassurer les consommateurs en précisant que « l’influenza aviaire n’est pas transmissible à l’homme par la consommation de viande de volaille, d’œufs, de foie gras et plus généralement de produits alimentaires.»

Des interrogations

Les deux derniers cas détectés en Dordogne posent de nombreuses questions.

«Ce sont des contrôles aléatoires qui ont révélé la présence de ce virus hautement pathogène dans ces deux élevages, mais il n'y a pas eu de surmortalité observée. Il s'agit d'un virus H5 non déterminé. Le N1 reste à déterminer par le laboratoire national de référence. L'abattage systématique fait partie du principe de précaution. Nous sommes dans une situation scientifique atypique, précise le préfet.»

Pour simplifier, les canards et les oies étaient porteurs du virus mais n'étaient pas malades ou peu.  «On a en fait une difficulté précise à savoir ce qui se passe réellement d'un point de vue scientifique», indique Frédéric Piron, directeur départemental de la direction de la cohésion sociale et de la protection des populations.  C'est pourquoi, pour expliquer ce phénomène scientifique, des épidémiologistes nationaux sont attendus en Dordogne.  Le préfet a aussi annoncé la mise en place d'une cellule d'urgence qui réunira les professionnels, la MSA, la chambre d'agriculture pour évaluer les conséquences économiques.

 

 
 

Vu par les fabriquants de vaccins

 
 

Depuis 1996, la grippe aviaire a connu trois vagues successives en Europe. Elle a fait sa première apparition aux États-Unis cette année, observe-t-on chez Merial, le laboratoire numéro un du marché de la santé animale en France.  «C’est un cas spécial, car elle se gère de façon très efficace, malheureusement avec l’abattage de volailles», explique Silke Birlenbach, directrice du département Santé publique vétérinaire de Merial.

La vaccination massive n’est pas automatiquement choisie par les gouvernements pour empêcher cette maladie de se propager, car elle n'est pas forcément jugée adaptée à l’espérance de vie et la valeur économique des oiseaux.  En outre, le virus de la grippe aviaire mutant énormément, il peut se révéler résistant au vaccin disponible.

Aux États-Unis, une autre option a malgré tout été utilisée en parallèle de l’abattage des oiseaux infectés.

Afin d’éviter que l’épidémie ne se propage aux zones de production d’élevages du sud-est du pays, une banque d'antigènes a été mise en place.  C’est-à-dire une réserve de doses en cuve d'azote liquide, stockables durant cinq ans pouvant être débloquées et formulées pour devenir de véritables vaccins par un industriel partenaire dès que l’État lui en fait la demande.

Principal avantage : le gain de temps. Avec cette solution, il n'est pas nécessaire d’attendre ainsi les six à neuf mois que prend traditionnellement la production d’un tel vaccin.

« Une première mondiale » réalisée par Merial

Merial n’avait pas les souches disponibles pour répondre à l’appel d’offres états-unien.  D'autres concurrents, comme son compatriote Ceva, sont bien avancés.  Mais Merial vient de réaliser "une première mondiale" dans une autre maladie : créer la première banque d’antigènes contre la fièvre catarrhale ovine (la FCO ou maladie de la langue bleue).

Un virus très contagieux pour les moutons et les vaches mais non transmissible à l’homme, qui signe son grand retour en Europe, notamment en août 2015 dans l’Allier.

Le ministère de l’Agriculture français a donc décidé de commander à Merial une banque d’antigènes de 6 millions de doses, stockées sur le site de l’industriel de Lyon Porte-des-Alpes«Une sorte d'assurance à laquelle peut faire appel le gouvernement», qui a coûté à ce dernier 4,6 millions d'euros, a appris l'AFP auprès du ministère de l'Agriculture.

Merial avait déjà développé une expertise dans les vaccins contre la fièvre aphteuse, une autre maladie animale très contagieuse : il héberge dix-sept banques d’antigènes pour plusieurs pays, dont un contrat avec la France renouvelé cette année.

 

Sources: France Info pour Radio-France; France 3 Aquitaine et FranceTV info pour France Télévision ; L'Usine Nouvelle pour Groupe industrie Services Info (GISI);

Choix de photos, fusion de textes, mise en page, références et titrage par : JosPublic
Publication : 2 décembre 2015

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