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Il faut cesser de financer les problèmes, pour financer les solutions

Le 24 novembre 2018, Dominique Plihon, l'économiste et président d' ATTAC-France s'adressait au membres de l'organisation réunis en assemble générale annuelle. De Paris, où se tenait la réunion, il était en vidéoconférence interactive avec les membres québécois.ses.  Voici quelques idées fortes extraites de sa conférence.

 
 
 

Depuis la crise financière de 2008 

 
 
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epuis la crise systémique de 2008, le sauvetage des entreprises financières et des banques par les deniers publics a renforcé le système et l’esprit néo-libéral, qui en a profité pour s’enrichir, en partie parce que les gouvernements n’ont pas exigé de conditions favorables aux remboursements assumés par les richesses communes.

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u lieu de subir des blâmes et des congédiements pour leur mauvaise administration, plusieurs de ces responsables en ont profité pour s’approprier 17 milliards$ en bonus et en augmentation de leur rémunération à même les fonds publics destinés à sauver ces financiers.

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es néo-libéraux en ont aussi profité pour attaquer les lois du travail et réduire leur efficacité partout où cela était possible.

Les lobbys de plus en plus puissants et riches ont travaillé activement auprès des officines gouvernementales pour réduire les avantages trop favorables à la réduction de leurs profits.  Les dérèglementations sont devenues plus actives et plus importantes en faveur des financiers dans les activités économiques.

Par exemple en France, le gouvernement Macron a fait un cadeau de 4 milliards$ de dégrèvement de l’impôt sur la fortune, sans que ces derniers aient eu à descendre dans la rue, pendant que 4 milliards$ étaient exigés en taxes sur le diésel, à des citoyens moins fortunés en faveur de l’environnement.

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es banques centrales des principaux pays ont participé à ces opérations en favorisant leurs clients fortunés, et elles-mêmes, qui en ont profité pour placer des fonds dans des paradis fiscaux et ainsi se soustraire à des investissements utiles à la communauté et au bien commun.  Moins de taxes pour les fortunes et plus de taxes et de restrictions aux citoyens.  Au Québec où les inégalités sont un peu moins criantes, ces mêmes restrictions et cet esprit néo-libéral trouvent plusieurs adeptes des mêmes actions.

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lusieurs crises graves sont à prévoir tant du point de vue de la financiarisation de l’économie, que des montées de la droite politique, en action agressive dans plusieurs pays d’Europe, d’Asie, des États-Unis et d’Amérique latine.  La plus grande crise écologique qui s’annonce avec des migrations massives des pauvres vers les pays plus riches entraineront de graves problèmes sociaux et la montée des nationalismes partout favorables aux radicalisations de toute nature, dans les médias et ailleurs dans les sociétés.

 
 

Les alternatives

 
 
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a prise de conscience et la diffusion des informations sur les actions et les lobbys qui influencent les décideurs et les gouvernements afin qu’ils agissent selon leurs intérêts.  Les citoyens doivent savoir qui et comment ils opèrent et prendre connaissance de leurs activités et des pressions qu’ils mettent en œuvre.

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es citoyens doivent suivre de beaucoup plus près les activités de leurs gouvernements qui ont plus tendance à agir en faveur des banques et des entreprises.  Prendre les moyens modernes pour obtenir les informations pertinentes et agir en concertation afin de favoriser le bien commun et une répartition plus équitable des fruits de la richesse.

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l faut taxer les transactions financières de toutes les entreprises qui sont actives sur un territoire. (Trump, Macron et plusieurs autres ont refusé).

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l faut envisager une transition économique, écologique et sociale en fonction des problèmes auxquels nous devons maintenant faire face.

Éviter de surexploiter les ressources de la planète au rythme actuel.

Il faudra débloquer nos mentalités de consommateurs effrénés et mieux planifier nos actions collectives, car seul on éprouve le sentiment d’inertie et d’impuissance.

En somme s'exclame "Le Démineur", auteur du reportage: IL FAUT CESSER DE FINANCER LES PROBLÈMES, POUR FINANCER LES SOLUTIONS. Voilà dit-il, une phrase qui m'a comblé de sens et d’espérance qui, selon moi, devrait devenir le slogan fort de nos actions.

 

Reportage par
Le démineur

Source: ATTAC-Québec, 24 novembre 2018. (Association québécoise pour une taxation des transactions financières et pour l’action citoyenne).

Choix de photos, collection de textes, mise en page, références et titrage par : JosPublic
Mise à jour le 27 novembre 2018

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