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La crise économique et l'attitude des Libéraux et néo-libéraux
Ceci inclut les "Lucides" à Lucien Bouchard

Éditorial par  JosPublic
Janvier 2010

Nous étions le 10 juin 2008, en pleine tourmente des "papiers de subprimes à découvert".   La Caisse de dépôt et de placement du Québec épongeait des pertes énormes à cause de cette folie.   La crise du prix du pétrole créée de toutes pièces par la "Bourse du pétrole" engendrait de la famine dans les pays pauvres.

En bons citoyens, nous nous attendions à ce que les éditorialistes des grands médias se joignent à des professeurs, des politiciens et chercheurs de renommée pour dénoncer autant les effets néfastes de la crise que ses profiteurs et ses usurpateurs, et même, pourquoi pas, pour lancer l'idée d'une future réforme du capitalisme financier.

Pour notre grand malheur, il n'y eut que de timides couacs.   Une pétition d'économistes fut envoyée au premier ministre Stephen Harper qui, lui, continuait à nier la crise.   Nos supposées élites nationales allaient-elles mordre la main qui les nourrit ?   Même pas une dénonciation publique du régime financier qui égorgeait les petits épargnants.   Ceux qui en parlaient se référaient à une crise économique désincarnée.

Toujours le 10 juin 2008, le journal La Presse, Le Devoir et la radio de Radio-Canada couvraient une conférence sans qu'aucun de leurs éditorialistes respectifs n'émette un seul commentaire.   Ce qui surprit lors de cette conférence fut un discours surréaliste d'Angel Gurria, secrétaire général de l'Organisation de coopération et de développement économique (OCDE), de passage à Montréal.

Devant un parterre de gens d'affaires et de politiciens, il venait nous réciter les préceptes de sa bible du libre marché, et nous faire la leçon sur notre façon de gérer l'eau au Québec. Ancien ministre des Affaires extérieures et des Finances du Mexique, il s'y connaît en finance et en conflits d'intérêts!

Pendant que le monde dérapait économiquement et que les spéculateurs prenaient le pouvoir face à des gouvernements veules et corrompus, monsieur Gurria nous proposait des solutions à une autre crise, celle de l'eau dans le monde. Mais, tenez-vous bien.... du haut de sa chaire, il prêchait en citant l'exemple de la Bourse de l'eau que le Chili s'était donnée récemment.

Il est important ici de mettre l'homme dans son contexte et de se questionner sur la valeur d'un tel raisonnement.   Comment ce grand compétent de l'OCDE, ancien dirigeant mexicain pouvait-il se permettre de telles élucubrations. Il est vrai qu'il avait laissé la ville de Mexico s'enfoncer littéralement dans sa nappe phréatique, épuisée par toutes sortes d'abus générés par les "lois du marché" qui justement ne sont pas des lois!   Sur quelles analyses osait-il prétendre que la gestion de l'eau devrait être remise entre les mains du secteur privé ?   Proposer une Bourse de l'eau comme moyen de financement pour les entreprises, c'était faire preuve d'une incompétence certaine à résoudre le problème de l'eau dans le monde.

Avons-nous la mémoire si courte pour avoir oublié les conséquences néfastes de la Bourse du pétrole, dont on paye encore le prix comme simple consommateur ?

Monsieur Gurria terminait son discours sur un énoncé remarquablement démagogique: "L'eau est rare, de sorte qu'elle doit être attribuée à celui qui peut faire la meilleure offre, a-t-il affirmé. Par le biais d'un mécanisme opportun d'établissement des prix, vous obtenez une meilleure attribution et un meilleur usage de l'eau."

À lire ce délire capitaliste, on comprend pourquoi l'économie est dans la merde.   Mais est-ce suffisant pour courber l'échine devant ces ignorants qui nous gouvernent et qui croient davantage en des sornettes idéologiques bien sonnantes dans leur bourse, qu'à l'équité de vie de leurs concitoyens ?

Au Québec, les dirigeants de la Caisse de dépôt et placements du Québec, ont contribué à l'avènement de la crise mondiale.   Pourquoi le Québec détenait-il plus de 50% de tous les papiers commerciaux toxiques du Canada?   Où est l'enquête?   Qui sont les responsables?

Grâce à Yves Michaud, notre "Robin des banques", nous connaissons désormais le lignage des financiers et leurs devises.   Pénible constat, leur mission première est d'accroître uniquement le portefeuille de ces présidents, directeurs généraux et conseils d'administration de grandes entreprises cotées en bourse.

Tout aussi navrante, la confrérie des dirigeants des banques qui s'allouent des salaires faramineux, ou des actions à empocher dès que le vent financier tourne malencontreusement, et surtout s'informent les uns et les autres de l'heure H, eux qui sont les seuls à pouvoir jouir du délit d'initié sans grandes conséquences sinon celle de s'enrichir effrontément.

Encore en 2010, nous le savons, il n'existe pas cinquante-six moyens d'agir.   Nous continuerons à dénoncer les requins de la finance, cupides individus aux allures de bons citoyens et nous clamons haut et fort qu'il est temps de mettre à nu la dictature du monde financier.

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