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Des algues et d'autres éléments du vivant pour remplacer le plastique !

Le plastique est le premier grand fléau environnemental juste après le changement climatique.  Il impacte autant l’Homme que la nature dont les océans.  Pourtant, c’est une matière qui a su se rendre inévitable dans le monde et qui est directement liée à notre système de consommation.  On estime que chaque seconde, plus de 460 kg de plastique sont déversés dans les océans et s'agglutine pour former un continent de la grandeur du Texas flottant sur les mers ( 01 ).  Malgré l’enjeu écologique, la production de plastique d’origine pétrolière continue d’augmenter.  Mais dans l’ombre, des alternatives se développent…

 

En France, précisément à Saint Malo, en Bretagne, une petite société lutte à sa manière pour proposer une alternative durable dans le domaine du plastique.  C’est Algopack, une petite PME innovante mais dont le projet est très prometteur : produire du plastique avec des algues.  Son fondateur, Rémy Lucas, est goémonier (éleveur d’algues).

Rémy Lucas

Son savoir dans l’élevage d’algues est hérité de sa famille depuis 200 ans.

Fort de son expérience dans ce domaine et à la fois détenteur d’un diplôme d’ingénieur en plasturgie, il décide de créer un projet écologique alliant ses deux domaines de compétences.

Son concept ?  Cultiver en Bretagne des algues brunes, sans engrais ni pesticides (afin de ne pas la prélever directement en mer) pour les transformer en granules de « plastique » naturel. 

C’est ce qu’on nomme la chimie bleue (en référence à l’océan), dont Algopack est un pionnier en France.

Point fort, ces granules naturelles sont directement utilisables par les industriels dans la production d’objets divers. 

Leur utilisation se décline autour de différents domaines tels que l'emballage alimentaire, l’automobile, l’ameublement, la téléphonie et même les jouets.

Cette chimie bleue serait-elle une solution écologique pour un avenir soutenable ? 

Plusieurs arguments vont en ce sens.  D’origine organique sa matière est biodégradable mais peut également servir d’engrais.

 
«

 Ce plastique possède ainsi la capacité de se décomposer en seulement 12 semaines, contre 400 ans pour ses homologues à base de pétrole

»

Par ailleurs, contrairement aux plastiques d’origine fossile, ces algues réalisent l’exploit d’absorber, lors de leur culture, 960kg de CO2 par tonne d’algues produites, précise l’entreprise.  Ainsi, produire du plastique non-polluant aiderait également à lutter contre le changement climatique même à petite échelle.

Parfait exemple de ce que l’on nomme l’économie circulaire, Algopack prélève un minimum de matière première pour réaliser un produit beaucoup plus sain qui, après son utilisation, pourra retourner à la terre. Mais cette invention est loin d’être unique aujourd’hui.

Plusieurs alternatives sont à l’étude

En photo le "Shrilk"

Des laboratoires nombreux et des scientifiques sérieux ont découvert des solutions enviables. Parti les solutions envisageables des chercheurs proposent le « Shrilk », un composant qui ressemble à s’y méprendre à du plastique.  Composé d’éléments nutritifs (comme un cadavre organique), il favorise la croissance des plantes en se dégradant naturellement.  Leurs expériences ont ainsi démontré qu’il était possible de faire pousser une plante uniquement avec ces déchets biologiques.

Valorisation des déchets de crevettes

Des chercheurs de l’ingénierie biologique, rattachés à l’université d’Harvard, ont notamment mis au point un plastique composé de glucide (la chitine), présent dans les carapaces des crevettes.  L’invention appelée « shrilk » est une combinaison de krill et de silk (soie).  Il est fabriqué à partir de chitosane (une forme de chitine) qui est le deuxième matériau organique le plus abondant sur Terre.  C’est aussi la composante principale des carapaces de crustacés.  Cette substance a été ingénieusement combinée avec la protéine de la soie.  Les coquilles de crevettes, normalement destinées à la poubelle, vont être valorisées pour produire ce bioplastique dégradable et réutilisable comme engrais naturel. 

Il n’est donc pas question de pêcher des crevettes pour leur prendre leur peau, mais d’utiliser les déchets du secteur qui existent en tant que déchets sans valeur.

De quoi tenter d’équilibrer un bilan carbone déplorable dans le domaine de la production de crevettes Citons également Eduardo San Martin Martinez et Horacia Vieyra Ruiz, deux chercheurs mexicains, qui utilisent l’amidon contenu dans la peau de la banane pour élaborer un polymère à l’origine d’un agroplastique naturel. 

Le biomimétisme en application

Un groupe de chercheurs de l’Institut Wyss pour l’ingénierie biologique à l’Université de Harvard se sont inspirés du vivant.   La majorité des animaux sur terre sont des insectes.  Ils possèdent naturellement des ailes résistantes et légères, des armures d’une durabilité incroyable pour leur taille, des carapaces flexibles et fines : la base d’un plastique naturel. 

Par biomimétisme, ils vont créer un plastique aux capacités extraordinaires.   Les scientifiques expliquent que ce matériau durable, transparent et renouvelable peut être produit en masse et sera aussi résistant que le plastique actuellement utilisé. Il serait ainsi possible de fabriquer des jouets, des télévisions et des téléphones biodégradables.

Aile d'insecte

On pourrait même envisager de fabriquer des objets en 3D aux formes complexes soit par impression 3D soit par injection classique en industrie. 

« Dans de nombreux secteurs, il y a un besoin urgent de matériaux durables qui peuvent être produits en masse.  Notre méthode de fabrication à grande échelle montre que le chitosane, facilement disponible et peu coûteux, est un bioplastique viable qui pourrait remplacer les plastiques conventionnels dans de nombreuses applications industrielles« , a déclaré le directeur du Wyss Institute, Donald E. Ingber.

Citons enfin, parmi tant d’autres, ce cuir végétal d’ananas créé par Carmen Hijosa et lancé à Londres en 2014. ( 02 )

Donald E. Ingbe

Malheureusement, ces alternatives restent majoritairement plus coûteuses que le plastique pétrolier.  En cause, un manque d’adaptation de l’industrie, de trop rares incitations gouvernementales pour soutenir ces alternatives écologiques, de nouvelles méthodes qui nécessitent de gros investissements et une difficulté à introduire ces alternatives dans des économies d’échelle. 

Combien de temps encore s’écoulera-t-il avant que ces révolutions n’atteignent réellement nos foyers ?  On peut cependant se réjouir car depuis 2014, l’ONG écologiste Seashepherd fait imprimer ses gobelets 100% biodégradables via Algopack !

Source:  Bio à la Une et Inform'Action

Choix de photos, fusion de textes, mise en page, références et titrage par : JosPublic
Publication : 27 janvier 2016

Emballages biodégradable

Ci-dessous: des textes en lien direct avec le sujet:

 
 

Notes & Références encyclopédiques:

01

 
 

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02

Du cuir végétal d’ananas créé par Carmen Hijosa - Sur MMondialisation

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