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Des drones infirmiers au service des pauvre où des drones postaux?

En décembre 2013, annonçant son concept de drones-livreurs, le PDG d'Amazon a levé une armée de sceptiques. Mais une autre boîte américaine planche déjà depuis 2011 sur le sujet. Son idée : livrer les médicaments aux habitants isolés des pays en développement.

 

C’était sur la chaîne américaine CBS News. ( 01 ) Vidéo à l’appui, le PDG d’Amazon a présenté sa vision du futur pour sa société, un futur en forme de bêtes à pattes métalliques capables de livrer des colis de 2,3 kg en moins de 30 minutes et ce, de manière « très écologique ».

Jeff Bezos, qui n’a pas froid aux yeux, voit la technologie débarquer dans nos villes d’ici 4 à 5 ans. « Je sais que cela ressemble à de la science-fiction.

Mais ce n’en est pas », a-t-il précisé à l’antenne. Le journal Le Monde.fr n’y croit pas ( 02 ) : « D’abord parce qu’aux États-unis comme dans la plupart des pays où Amazon est présent, la législation, encore balbutiante, encadre très sévèrement l’usage des drones. (…) Par ailleurs, de très nombreuses grandes villes ont, comme Paris, purement et simplement interdit l’utilisation de ces appareils, pour des raisons de sécurité. »

Pour le journal The Guardian d'Angleterre, cité par Courrier International, l’annonce de Jeff Bezos est carrément un coup de publicité ( 03 ): « Cette histoire n’est qu’une vaste plaisanterie. La technologie nécessaire pour rendre opérationnels ce genre de drones-livreurs n’existe tout simplement pas. Un drone peut parfaitement se rendre sur un site grâce à des coordonnées de géolocalisation, mais comment pourra-t-il trouver le destinataire de son paquet ? (…) Comment empêcher un autre individu de récupérer la marchandise en cours de route ? (…) Cela n’est rien encore comparé au véritable champ de mines juridique qu’implique une telle utilisation des drones. »

Jeff Bezos a-t-il donc perdu la boule ?

Où diable est-il aller pêcher une idée pareille ? Peut-être du côté de la Silicon Valley. Là, depuis 2011, un jeune entrepreneur planche sur un concept très similaire au coeur de sa start-up, Matternet. Comme dans le cas d’Amazon, Andreas Raptopoulos a imaginé des drones-livreurs capables de supporter des colis d’environ 2 kg sur une distance de 10 km. Comme Jeff Bezos, il imagine qu’un réseau de circulation parallèle dans les villes pourrait permettre de résoudre le problème des livraisons retardées par la congestion des routes.

Andreas Raptopoulos

Mais au coeur de son business, le jeune PDG de Matternet poursuit un autre objectif. Avec ses drones, l’homme veut surtout permettre au milliard de personnes isolées par des routes peu praticables en tout temps de s’approvisionner en médicaments ou d’envoyer des analyses de sang aux labos des villes. Une cible plus utile ou réaliste que celle affichée par Amazon.

En Afrique sub-saharienne, 85% des routes ne sont pas utilisables durant la saison des pluies. Il se construit des infrastructures, mais à ce rythme, explique Raptopoulos, ça prendra un demi-siècle pour se mettre à jour.

Mais se mettre à jour par rapport à quoi ? Un modèle de transport dont l'infrastructure demande de grandes quantités d'énergie à construire et entretenir, qui est typiquement congestionné par le trafic, gaspillant du pétrole et contribuant à la pollution.

Il fait une analogie intéressante en donnant l'exemple que depuis vingt ans, des régions dans des pays en voie de développement se servent d'un réseau mobile pour installer des systèmes de communications sans fil de cuivre, pourrions-nous faire la même chose avec le transport?

Dans une interview au Washington Post publiée le 3 décembre 2013 il souligne que les pays en développement sont plus ouverts à ce genre d’expérimentations que les pays riches ( 04 ) : « Si votre application sert à résoudre un gros problème dans le pays, les gens sont prêts à prendre un plus gros risque. Quand les gens n’ont pas d’alternative, ils essayent une nouvelle technologie et ils regardent si ça marche. Pour le moment, nous avons été bien accueillis par certains gouvernements», assure-t-il. Mais c’est sur le Lesotho et la République Dominicaine que Matternet a jeté son dévolu pour tester son système.

Reste l’épineux problème du prix, balayé par l’entrepreneur. « Nos véhicules coûtent de 3 000 à 5 000 dollars (2 200 à 3 600 euros), nos stations (de décollage et d’atterrissage, ndlr) coûtent entre 100 et 500 dollars (de 70 à 350 euros). Pour dix nœuds de réseaux et 20 appareils, nous ne parlons pas de millions de dollars mais de centaines de milliers », bien loin, estime-t-il, du prix payé pour des infrastructures routières d’importance. Et pour les consommateurs ?

Pour chaque livraison, le prix pourrait s’élever à seulement 24 cents (0,17 euros), promet encore Andreas Raptopoulos.

 
 
 Est-ce que c'est possible ou c'est de la science fiction ?

Sources: Terra-Eco.net Pour Terra Eco, Popular science pour Bonnier Corporation, CNET pour CBS Interactive,

Choix de photos, Mise en page, références et titrage par : JosPublic
Publication : 7 décembre 2013

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Ci-dessous: des textes en lien direct avec le sujet:

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Notes & Références encyclopédiques:

01

Jeff Bezos looks to the future - C'était sur la chaîne de télévision CBS News

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02

Des paquets de livres livrés par drones d'ici cinq ans. Le journal Le Monde de France n’y croit pas

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03

 

Le coup de pub d'Amazon. Selon le Courrier international et le Guardian, c'est carrément un hoax ou un coup de publicité

 

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04

 

Low income countries might get drone delivery before the USA - interview au Washington Post publiée le 3 décembre 2013

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