Moteur de recherche en page d'accueil et des milliers de titres en archive

Google fait disparaître les sites en marge des grandes publications
et surtout ceux qui pensent à gauche du spectre politique

Les preuves de censure exercée par Google envers les sites d’enquête indépendante qui publie une narration des événements qui ne concorde pas avec celle du gouvernement ou dont l’éditorial est à la gauche du spectre politique continuent de s’accumuler.   Un nombre croissant de sites web ont confirmé que leur recherche de « fréquentations » sur Google a plongé au cours des derniers mois, ajoutant aux preuves déjà existante que, sous le couvert d'une campagne contre les « fausses nouvelles», Google a mis en œuvre un programme systémique et généralisé de censure. 

Pour ce texte le mot "fréquentation" ( trafic) identifie la catégorie d'internautes arrivant sur un site suite à une requête sur le moteur de recherche Google.  Tous les sites tentent d'évaluer leur fréquentation et leur lectorat peut venir directement à eux par la référence d'un autre internaute, d'un site sur Facebook , Twitter ou de moteurs de recherche semblables à Google, tel que Bing, Duck duck go et autres.

 

Google est une entreprise américaine de services technologiques fondée en 1998 dans la Silicon Valley, en Californie, par Larry Page et Sergueï Brin, créateurs du moteur de recherche Google.  C'est une filiale de la société Alphabet depuis août 2015.

 
    
 
 
 
 
 
 
 

Une censure qui ne porte pas son nom

 
 

Un nombre croissant d’importants sites web, ayant une sensibilité de gauche, ne diffusant pas de fausses nouvelles et qui vérifie les faits évoqués deux fois plutôt qu’une, ou qui informe sur les produits naturels et l'environnement ont confirmé que leur recherche de « fréquentation » sur Google a plongé au cours des derniers mois.

Le site « Truthout-Sortir la vérité », un organisme à but non lucratif qui se concentre sur l’information politique, sociale et écologique de l'évolution de la société d'un point de vue progressiste de gauche, a vu son lectorat plonger de 35 pour cent depuis le mois d'avril 2017.  

« The real news network - La véritable nouvelle », un autre organisme sans but lucratif qui présente des nouvelles en vidéos et des films documentaires, a vu sa « fréquentation» de recherche chuter de 37 pour cent.  

Un autre site, « Des rêves ordinaires-Common dreams», déclarait le 1er août 2017 que la « fréquentation  » de recherche avait chuté de 50  %.

Aussi extrême que ces baisses soudaines de trafic de recherche puissent être, elles sont moins dramatiques que la baisse de près de 70 % de « fréquentation » provenant de Google subie par le « Wold Socialist Web Site (WSWS) ».

« C'est la censure politique de la pire espèce ; c'est juste une excuse pour supprimer les points de vue politiques, » a déclaré Dr Robert Epstein, un ancien rédacteur en chef de « Psychology Today » et expert renommé en comportement de Moteurs de recherche.

Epstein dit qu'à ce stade, la question était de savoir si le WSWS avait été identifié et ciblé en particulier par les évaluateurs employés par le géant de la recherche, ou si les évaluateurs auraient influencé le conseil d’administration pour rétrograder les sites de gauche.

 
«

 Ce que vous ne savez pas c’est si c’est l’évaluateur qui vous a rétrogradé, ou si c'est le nouvel algorithme dont ils font l’implantation. - Robert Epstein

»
 

Richard Stallman, le célèbre pionnier de la technologie et chef de file du mouvement pour le « logiciel libre », a déclaré qu'il avait lu la couverture de presse à propos de Google et la censure de sites de gauche.  

Il a mis en garde au sujet de l'immense contrôle exercé par Google sur Internet, disant : "Pour la principale manière de trouver des articles sur un sujet, être géré par une société géante crée un potentiel évident d'abus."

Selon les données de l'outil d'optimisation de recherche « SEMRush », qui recherche la « fréquentation » vers le site personnel de M. Stallman, Stallman.org, elle a chuté de 24 pour cent, tandis que la «   fréquentation » à gnu.org, exploité par la Free Software Foundation, a chuté de 19 pour cent.

Mike Adams, le « Ranger de la santé », est un ardent défenseur de la santé des consommateurs. Journaliste primé, militant de l'internet, de la science et directeur de laboratoire, il est le fondateur et rédacteur en chef du site internet NaturalNews.com 

Depuis que Google a mis en œuvre les modifications apportées à son moteur de recherche, moins de personnes ont eu accès aux sites d’information de gauche ou anti-guerre.

Sur la base des informations disponibles sur les analyses d’Alexa, d’autres sites qui ont subi des baisses dans le classement incluent WikiLeaks, Alternet, Counterpunch, Global Research, Consortium News et Truthout.  Même les groupes de défense des droits démocratiques tels que l’Union américaine pour des libertés civiles et Amnistie internationale (AI) semblent avoir été touchés.  Google refuse de fournir des éléments de preuve pour justifier l'établissement d'une liste noire des sites de nouvelles indépendants.

 
«

 Une attaque coordonnée se mène contre tous les médias indépendants par Google, YouTube et Facebook.  Notre site a été complètement exclu de Google durant une semaine et maintenant Facebook bloque délibérément nos textes à propos des libertés individuelles et les choix médicaux. - Mike Adams

»

 
 

La guerre aux médias indépendants est commencé

 
 

Eric Maas, un consultant en moteur de recherche travaillant dans la région de la baie de San Francisco, a déclaré que son équipe a étudié une vaste gamme d'autres sites de « nouvelles » affectés par les changements dans les algorithmes de Google depuis avril 2017.

« Alors que la mise à jour a peut-être ciblé des fonctions du site, il est évident que cette mise à jour fait la promotion des médias propriété des grandes organisations ciblant le grand public.  Ce que je trouve problématique, c'est qu'il apparaît que certains sites ont été ciblés et d'autres pas. »

L'énorme baisse de trafic de recherche pour le WSWS et autres sites de gauche a suivi la mise en œuvre de changements dans des protocoles d'évaluation de la recherche de Google.  Dans une déclaration publiée le 25 avril 2017, Ben Gomes, le vice-président de l'ingénierie, a déclaré que la mise à jour du moteur de recherche de Google permettrait de bloquer l'accès aux sites "offensants", tout en travaillant à faire monter en surface des sites qui offrent plus de contenu et qui font autorité.

Dans un ensemble de lignes directrices émises pour les évaluateurs de Google en mars 2017,  la société a demandé à ses évaluateurs d’identifier les pages qui prônent des théories conspirationistes ou qui bouleversent le lecteur, pour les empêcher de s’étendre à moins que  "la requête indique clairement que l'utilisateur est à la recherche d'un point de vue différent."

Plusieurs groupes états-uniens et canadiens dénoncent l’attitude de Google et se consultent sur les moyens à prendre pour rétablir l’équité pour tous les sites internet lésés par la censure de Google.

Europe

En France et en Allemagne, Google censure des sites qui pourraient contrevenir aux lois de ces pays.  Si vous êtes Canadien, le lien sur Google.ca censé vous amener à la version Française [http://www.google.ca/fr] vous emmène vers le site Français (censuré), alors qu'en tant que Canadien, vous n'avez rien à voir avec la législation Française.  Si vous êtes Québécois, n'hésitez pas à gueuler...ou utilisez d'autres moteurs de recherche tel que Duck Duck Go qui lui ne piste pas ses utilisateurs.

 
 

L’ingénieur en chef du moteur de recherche de Google
 légitime le nouvel algorithme de censure

 
 

Le 25 avril 2017, Ben Gomes, ingénieur en chef en charge du moteur de recherche de Google, a publié sur son blogue la présentation du nouveau programme de censure dans une déclaration portant le titre orwellien de : « Nos dernières améliorations de la qualité des recherches ».   Cette déclaration a été pratiquement ignorée par les médias de l’establishment.   Ni le New York Times ni le Wall Street Journal n’ont rapporté la déclaration.   Le Washington Post a limité sa couverture de la déclaration à une seule publication sur un blogue.

Encadré comme un simple changement des procédures techniques, la déclaration de Gomes légitime la censure d’Internet comme une réponse nécessaire au « phénomène des “fausses nouvelles”, où le contenu sur le Web a contribué à la diffusion d’informations clairement trompeuses, de mauvaise qualité, offensantes ou carrément fausses .

Le « phénomène des “fausses nouvelles” » est en soi la principale histoire de « fausses nouvelles » de 2017.   Dans ses origines et sa propagation, elle a toutes les caractéristiques bien connues de ce qu’on appelait les campagnes de « désinformation » de la CIA, visant à discréditer des adversaires de gauche de l’État et des intérêts de l’establishment.

De manière significative, Gomes ne fournit pas de définition claire, et encore moins d’exemples concrets, de ces termes chargés (« fausses nouvelles », « clairement trompeuses », « faible qualité », « offensant » et « carrément de fausses informations »).

L’objectif du nouvel algorithme de censure de Google est l’actualité politique et les sites d’opinion qui contestent les récits officiels du gouvernement et des grandes entreprises.   Gomes écrit : « [C’]est devenu évident qu’un petit ensemble de requêtes dans notre trafic quotidien (environ 0,25 pour cent) ont retourné un contenu offensant ou clairement trompeur, ce qui n’est pas ce que les gens recherchent ».

M. Gomes a révélé que Google a recruté quelque 10 000 « évaluateurs » pour juger de la « qualité » de divers domaines Web.   La société a des « évaluateurs – des personnes réelles qui évaluent la qualité des résultats de recherche de Google – pour nous donner des commentaires sur nos expérimentations ». L’ingénieur de recherche en chef n’identifie pas ces « évaluateurs » ni n’explique les critères utilisés dans leur sélection.   Cependant, en utilisant les dernières évolutions dans la programmation, Google peut enseigner à ses moteurs de recherche à « penser » comme les évaluateurs, c’est-à-dire traduire leurs préférences politiques, leurs préjugés et leurs aversions dans les résultats acceptés par l’État et les grandes entreprises.

M. Gomes affirme que ces «  évaluateurs  » doivent se conformer aux lignes directrices de la société pour une Recherche de qualité.

Ces directives « fournissent des exemples détaillés de pages Web de mauvaise qualité pour que les évaluateurs puissent coter de manière appropriée, ce qui peut inclure des informations trompeuses, des résultats offensants inattendus, des canulars et des théories du complot sans fondement. » 

Encore une fois, Gomes emploie une rhétorique incendiaire sans expliquer la base objective sur laquelle reposent les évaluations négatives des sites Web.

En utilisant la contribution de ces « évaluateurs », Gomes déclare que Google a « amélioré nos méthodes d’évaluation et a fait des mises à jour algorithmiques pour faire paraître un contenu qui fait plus autorité ».   Il affirme à nouveau, plus bas, « Nous avons ajusté nos algorithmes pour faire paraître des pages qui font plus autorité et rétrograder le contenu de mauvaise qualité ».

Ce que cela signifie, concrètement, c’est que Google décide non seulement des points de vue politiques qu’il veut censurer, mais aussi des sites à favoriser.

M. Gomes est clairement amoureux du terme « qui fait autorité » (authoritative), et une étude du sens du mot explique la nature de son infatuation verbale. Une définition donnée par le Oxford Dictionary pour le mot « authoritative » est : « Provenant d’une source officielle et exigeant la conformité ou l’obéissance ».

La déclaration du 25 avril 2017 indique que les protocoles de censure deviendront de plus en plus restrictifs.  M. Gomes affirme que Google « fait de bons progrès » pour rendre ses résultats de recherche plus restrictifs.   « Mais pour avoir des changements durables et à long terme, il faut des changements structurels dans Search [le moteur de recherche de Google]. »

On peut supposer que M. Gomes est un programmeur et un ingénieur logiciel compétent.   Mais il y a de bonnes raisons de douter qu’il ait une connaissance particulière, et encore moins la préoccupation, de la liberté d’expression.

La déclaration de Gomes est la manière en langage Google de dire que l’entreprise ne veut pas que les gens aient accès à quoi que ce soit en dehors du récit officiel, élaboré par le gouvernement, les agences de renseignement, les principaux partis politiques capitalistes, et transmis à la population par les médias de l’establishment.

En devenant une entreprise gigantesque valant plusieurs milliards de dollars, Google a développé des liens politiquement insidieux et dangereux avec des agences étatiques puissantes et répressives.   Il maintient cette relation non seulement avec l’État américain, mais aussi avec les gouvernements à l’étranger.

Quelques semaines seulement avant la mise en œuvre de son nouvel algorithme, au début d’avril 2017, Gomes a rencontré de hauts responsables allemands à Berlin pour discuter des nouveaux protocoles de censure.

Google le moteur de recherche est maintenant une force majeure de l’imposition de la censure de l’État.

Sources: La majeure partie du texte est de Andre Damon et l'autre des plusieurs des sites censurés.

Choix de photos, fusion de textes, mise en page, références, titrage et une partie en traduction de l'anglais par : JosPublic
Publication : 25 août 2018

Ci-dessous: des textes en lien direct avec le sujet:

  La planche de salut des médias en papier: la provocation ?

  Désinformer pour atteindre les objectifs politiques des propriétaires de médias.

  États-Unis : l’hyperréalité d’une presse commerciale en pleine décadence. Le Québec en mode mimétisme