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À l'époque de Trump, des fausses nouvelles, du lynchage public et de mon nombril est plus gros que le tient
Les résidents de la ville de Québec, contaminés par leurs radios-poubelles

Le chroniqueur David Desjardins analyse et nous dévoile une facette importante du "mystère de Québec". «Québec est une des cités les moins violentes d’Amérique du Nord, qui jouit du plein emploi, où le tourisme vient de connaître une année record, et son unique grave problème est d’être contaminée quotidiennement par ses radios d’opinion.»  

 

 
 

Quelque chose dans l’eau de la ville de Québec ?

 
 

En novembre 2017, au lendemain de la plus récente élection municipale, la députée et porte-parole de Québec Solidaire Manon Massé célébrait la défaite du nouveau parti politique " Québec 21" dans la capitale.

« Il s’est fait remettre à sa place », claironnait la co-porte-parole de Québec solidaire à propos de Jean-François Gosselin, chef de ce parti qui s’est rendu populaire en se prononçant en faveur d’un nouveau lien routier entre Québec et Lévis.

Sauf qu’avec presque 27,6 % des voix, ce parti sans l’ombre d’une plateforme électorale valable et dont l’existence tenait à l’adoubement d’une poignée d’animateurs de radio a obtenu un score que la formation de Manon Massé ne peut pas s’autoriser à imaginer dans la capitale.  Même dans ses plus torrides fantasmes électoraux.

Comprenez bien ce que je vous dis : il n’y a pas de quoi fêter.  On est ici dans le même délire qu’au moment de l’élection des Nordiques… pardon, de Régis Labeaume, lorsqu’il a promis de construire un nouvel amphithéâtre pour y ramener une équipe de la Ligue nationale de hockey.  Un projet porté par les radios d’opinion, qui en avaient fait un redoutable outil de marketing, et que presque tous les politiciens locaux ont appuyé sans réserve, de peur de se les mettre à dos.

Presque un demi-milliard de fonds publics plus tard, on attend toujours l’équipe, et les opérations du Centre Vidéotron sont déficitaires.

Autres temps, hystérie hertzienne analogue : les radios ont pris pour cible les ambitions du maire quant au transport en commun, insistant sur le fait qu’un troisième lien entre les deux rives est, lui, essentiel. 

Malgré le rappel constant d’études venant anéantir la viabilité du projet, le quart des électeurs de Québec ont voté pour cela.  Ou enfin, pour ce que ce projet représente et qui dépasse largement la simple question du transport : le rejet de tout ce qui remet en cause leur mode de vie.

Difficile, après, de ne pas avoir le sentiment de vivre dans une ville malade. 

Oui, vous avez bien lu : malade.

Québec est une des cités les moins violentes d’Amérique du Nord, qui jouit du plein emploi, où le tourisme vient de connaître une année record, et son unique grave problème est d’être contaminée quotidiennement par ses radios d’opinion.  Si bien qu’à voir comment la ville vote, on est parfois tenté de se demander s’il n’y a pas quelque chose dans l’eau…

Car oui, ma ville a attrapé un virus qui se transmet par le déni de vérité déguisé en opinion, par le mensonge travesti pour prendre l’apparence d’une information dite « alternative », et dont la marginalité réside en cela qu’elle n’a à subir aucune vérification.

Ainsi, pendant qu’on s’interroge sur l’importance qu’a pu avoir l’influence russe sur l’élection états-unienne, je me demande jusqu’à quel point les radios de ma ville sont en train de mettre à mal la démocratie.

Leurs animateurs diront que je ne comprends pas la colère des gens ordinaires qu’ils incarnent.  Mais je sens bien le malaise dans la civilisation : cette panique devant l’échec du bonheur à crédit et des injonctions à la transcendance dans la file au Costco.

Endettée jusqu’aux yeux pour toucher à la grâce, la classe moyenne ne semble plus voir par-delà ses télés de 60 pouces, ses voitures neuves qui remplacent d’autres voitures neuves, et ses voyages dans le Sud pour noyer sa détresse dans l’enchantement de l’ivresse permanente.

Le monde souffre.  Ici aussi.  Même dans l’abondance.  Nous avons faim d’autre chose.  De sens, par exemple.  De communier autrement qu’à un spectacle de Metallica.

Mais les profiteurs de la radio savent que la colère est un alléchant succédané à la quête sociale ou spirituelle.  Du fast-food pour l’âme.

À quoi bon se remettre en cause quand on peut trouver des boucs émissaires pour expliquer son malheur ? Comme les environnementalistes qui font « la guerre à l’automobile » ou les artistes qui incarnent notre mauvaise conscience en soulignant, dans leurs œuvres, le versant obscur de nos habitudes.

Les agitateurs des ondes en font des épouvantails et confortent leurs auditeurs dans leurs préjugés, célèbrent l’ignorance, se plaçant en faux devant tout ce qui ne confirme pas que nous menons la bonne vie.

L’évangile est simple.  Le consumérisme comme religion. Le sport professionnel comme unique ciment social. La voiture comme symbole de réussite. Québec comme bastion de résistance devant l’inquisition gauchiste qui force la remise en question des dogmes occidentaux.

J’ai longtemps hésité avant d’adopter le vocable « radio-poubelle » pour désigner ce que font ces animateurs. Je ne m’en prive plus. D’autant qu’ils prospèrent dans leur dépotoir d’idées où l’insulte et l’attaque ad hominem font figure d’arguments. Encore et encore. Jusqu’à ce que leur poison atteigne la nappe phréatique.

Quand je vous dis qu’il semble parfois y avoir quelque chose dans l’eau…

 

Source: Magazine l'Actualité pour Alexandre Taillefer

Choix de photos, collection de textes, mise en page, références et titrage par : JosPublic
Mise à jour le 16 janvier 2017

  La grande débâcle des merdias  Chronique d’Antoine Cosentino

  Désinformer pour atteindre les objectifs politiques des propriétaires de médias.

Communication

Notes & Références encyclopédiques:

 

Notes & Références encyclopédiques:

À propos du "mystère de Québec"...

 

Le «mystère Québec» et les radios privées par Marcel Perron, Neuville - Sur Le journal Le Soleil, le 31 mai 2015

 

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au lendemain de la plus récente élection municipale...

 

Élections municipales de 2017 à la ville de Québec - Sur Wikipédia

 

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Centre Vidéotron est déficitaire...

 

Centre Vidéotron: le déficit atteint 3,7 millions

En 2011, le maire Labeaume parlait d’un déficit de 600 000$, dans le pire des cas - Sur Le Devoir, le 31 mars 2017

 

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études venant anéantir...

 

Troisième lien Québec-Lévis: l'option CN - Sur Journal des Affaires, le 13 septembre 2016

 

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le tourisme vient de connaître une année record...

 
 

2017 s’annonce exceptionnelle

Les intervenants du milieu touristique minimisent l’impact de l’attentat de Québec sur leurs affaires - Sur Journal de Québec, le

L'année 2016 exceptionnelle pour le tourisme à Québec - Sur HuffPost Québec, le 14 février 2017

 

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radios de ma ville sont en train de mettre à mal la démocratie...

 
 

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dans la file au Costco...

 

Qu'est-ce que Costco au Québec ?
Costco a une belle base de membres, le membre moyen ayant étudié au collège, possédant une maison et gagnant 100 000$ par an, selon CNBC.

Les membres sont fidèles à la franchise, le taux de renouvellement étant de 90.6% selon la firme Trefis. Un tiers d’ailleurs sont des membres exécutifs, payant le double de l’abonnement standard de 55$ et ont une ristourne de 2% en argent sur leurs achats. Mais bien sûr, pour que ça vaille le coût, il faut dépenser en magasin ! Les revenus engrangés par les abonnements ont frôlé 6% de 561 millions au cours du dernier trimestre. Cet argent permet donc à Costco de conserver des prix bas.

 

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