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De "La Saint-Jean" à la "Fête nationale du Québec"
Une histoire de résilience culturelle

Célébrée le 24 juin de chaque année, la Fête nationale du Québec (anciennement appelée la Saint-Jean-Baptiste) est un jour férié au Québec depuis 1925.  En Amérique du Nord, la Saint-Jean-Baptiste est célébrée depuis les débuts de la Nouvelle-France.

La fête de la Saint-Jean-Baptiste tire ses origines des célébrations du solstice d’été, une très ancienne coutume païenne voulant que des feux soient allumés pour célébrer la lumière à l’occasion de la plus longue journée de l’année.  En France, l’Église catholique récupère cette fête et y associe la figure de Jean le Baptiste, cousin de Jésus.

La tradition d’allumer le feu de la Saint-Jean pour marquer le début de l’été est transposée en Nouvelle-France dès 1646.  En 1694, Mgr de Saint-Vallier en fait une fête chômée vouée à la dévotion.  La Saint-Jean continue d’être célébrée après la Conquête, mais ce n’est qu’en 1834 qu’elle prend une couleur politique qu’elle conservera jusqu’à nos jours.

Le 24 juin 1977, le gouvernement de René Lévesque fait de la Saint-Jean la Fête nationale du Québec, l’éloignant pour de bon de son aspect religieux.

 
 

 
 

Premier banquet de la Saint-Jean-Baptiste

 
 

En 1827, le journaliste Ludger Duvernay devient éditeur en achetant le journal La Minerve à Augustin-Norbert Morin.  Sous la tutelle de Duvernay, La Minerve devient rapidement un journal important du Bas-Canada. 

En mars 1834, Ludger Duvernay, George-Étienne Cartier et Louis-Victor Sicotte fondent la société « Aide-toi, le ciel t'aidera ».  Duvernay en est le président.  Les membres de cette société se rassemblent et discutent politique et littérature.  Duvernay développe alors l'idée de faire revivre une tradition interrompue depuis la Conquête, soit la célébration des fêtes de la Saint-Jean-Baptiste.  Son but avoué est de doter le peuple canadien-français d'une fête nationale annuelle.

Le 24 juin 1834, Duvernay organise un banquet dans les jardins de l'avocat John McDonnell (futur site de la gare Windsor), afin, entre autres, de concrétiser son projet.  Une soixantaine de personnes participent à ce banquet, dont les plus connues, outre les hôtes eux-mêmes, sont le maire de Montréal, Jacques Viger, Louis-Hippolyte Lafontaine, Thomas Storrow Brown, Édouard Rodier, George-Étienne Cartier et le Dr Edmund O'Callaghan.  Plusieurs toasts sont portés au Parti patriote, aux États-Unis, à l'Irlande et aux Quatre-vingt-douze Résolutions.

 Ce banquet est un véritable succès et les journaux encouragent les gens à fêter la « Saint-Jean-Baptiste » dans leur village à l'avenir afin de favoriser l'union des Canadiens-français.  Duvernay gagne son pari : l'année suivante, les célébrations de la Fête nationale se répandent.  En effet, on note des célébrations dans bon nombre de villages, dont Debartzch (aujourd'hui Rougemont), Saint-Denis, Saint-Eustache, Terrebonne et Berthier.  La feuille d'érable devient le symbole du Bas-Canada.

« La plus grande gaité régna pendant toute la soirée. Le dîner préparé par Jehlen était splendide. Les tables étaient placées dans le jardin de M. McDonell, avocat, qui avait eu la politesse de l'offrir pour cette fête champêtre.  Les lumières suspendues aux arbres, la musique et l'odeur embaumée que répandaient les fleurs, la beauté du site, tout tendait à ajouter aux charmes du spectacle.

Cette fête, dont le but est de cimenter l'union entre les Canadiens, ne sera point sans fruit.  Elle sera célébrée annuellement comme Fête Nationale, et ne pourra manquer de produire les plus heureux résultats. »

Extrait de l’article de Ludger Duvernay « Banquet de St. Jean-Baptiste », paru dans le journal La Minerve, le 26 juin 1834.

 

Feu traditionnel de la Saint-Jean sur les bords du fleuve Saint-Laurent

Sources: Société Saint-Jean-Baptiste; La fête Nationale du Québec; Calendrier.live

Choix de photos, collection de textes, mise en page, références et titrage par : JosPublic
Mise à jour le 23 juin 2018

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à propos des 92 résolutions et du Parti des patriotes...

 

Les 92 résolutions est un document adopté le par les représentants du peuple siégeant à la Chambre d'assemblée du Parlement du Bas-Canada.

 Le document réitère les revendications de la Chambre d'assemblée, vieilles de plusieurs années, et servent entre autres de justification à la décision des députés de demander la mise en accusation du gouverneur Matthew Whitworth-Aylmer.

 

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